Baden-Powell : biographie d’un éducateur de génie


Robert Stephenson Smyth Baden Powell est né le 22 février 1857 à Londres. Il était le sixième fils et le huitième des dix enfants du Rev. Baden Powell et de sa troisième femme, Henrietta Grace. Trois ans après, son père, pasteur et scientifique à Oxford, mourait. Sa mère, fille d’un amiral, s’efforça de donner à tous une éducation victorienne, cultivée et ouverte.



Un caractère peu conformiste, inventif, libre
Le jeune Steph, ou Ste, est d’un caractère peu conformiste, inventif, libre, drôle et bon garçon. Fin observateur de la nature et des humains, il est comédien, mime, dessinateur et musicien. Ceci compense des études moyennes, entrecoupées de randonnées et de régates. À 19 ans, recalé à Oxford, il réussit un concours d’officiers.
En 30 ans de carrière, il commande aux Indes, en Asie, et en Afrique. Dans les intervalles, il mène des missions d’espionnage dans toute l’Europe et de reporter pour différents journaux. Il s’intéresse aux populations, observe, apprend et enregistre. Il organise des entraînements d’Éclaireurs, leur apprenant à observer et se débrouiller en tous milieux. Pragmatique, il emploie des jeux en équipe, s’appuie sur la confiance et la loyauté. Il dessine pour ces groupes un insigne : la fleur de lys du nord des anciennes boussoles, et ses initiales « B.P », interprétées en Be Prepared.

L’art d’apprendre à faire la paix
En 1898, il écrit Aids to scouting. Ce livre passionne les adolescents, aussi, envoyé à Mafeking, en Afrique du Sud, pour tenter de libérer la ville assiégée, il emploie des jeunes gens à diverses missions, pour compenser la faiblesse d’effectifs. Libérant la ville, il devient un héros national. « Je me mis à l’œuvre pour transformer ce qui était un art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d’apprendre aux garçons à faire la paix » (1902). Il observe les jeunes, consulte des éducateurs, trouve des soutiens financiers et, à l’été 1907, il amène un groupe de garçons de différents milieux sur l’île de Brownsea, pour le premier « camp scout ». L’intérêt des garçons pour le scoutisme est manifeste.


En 1908, il écrit Scouting for boys. Succès immédiat en Angleterre, et dans le monde... En 1910 il rassemble à Londres 11 000 jeunes. Le Roi lui demande de quitter l’armée pour se consacrer à ce mouvement naissant. Des filles s’y intéressent aussi et il confie à sa sœur l’organisation des premières troupes de jeunes filles. En 1912, il épouse Olave Saint-Claire Soames, qui se passionne pour le scoutisme. Ils auront 3 enfants.

A l’été 1913, Jacques Sevin rejoint Londres pour rencontrer le fondateur du scoutisme. C’est alors que ce noue une véritable amitié. Les liens sont si étroits que Baden-Powell ne manquera pas de dire que « la meilleure réalisation de [sa] pensée est celle d’un jésuite français ». En 1920, Baden Powell est nommé Chef Scout du Monde, en 1930, Olave devient Chef Guide du Monde et le sera jusqu’à sa mort, en 1977.

De la forêt de Kipling à la Route
Très vite, des enfants plus jeunes veulent être scouts. Inspirés par le Livre de la Jungle de Kipling, Baden Powell et Véra Barclay, organisent cette branche des louveteaux. La guerre finie, le scoutisme est toujours là, et, en 1920, se tient le premier jamboree ; le scoutisme y démontre toute sa force internationale de paix fraternelle.
Après guerre, la question se pose des « anciens » scouts. Pour aider ces jeunes adultes à construire leur vie, Baden Powell propose le symbole de la route et écrit en 1922 La Route du Succès. Pendant trente ans, son épouse et lui parcourent le monde, aident au développement du mouvement scout, proposent une organisation souple et dynamique et parlent de paix, de fraternité, de service, de bonheur. En 1937, à 80 ans, Baden Powell se retire au Kenya, dans sa maison appelée Paxtu, la maison de la paix, où il meurt le 9 janvier 1941... En 1947, le vœu permanent de BP se renouvelle dans la fraternisation des nations qui sortent de la guerre, à Moisson, près de Paris, au Jamboree de la Paix.

Michel Seyrat, auteur de 100 ans de scoutisme, Presses d’Ile de France, Paris, 2007

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Lire ce commentaire - Baden-Powell : biographie d’un éducateur de génie - le 28-08-2007