L’extension


La branche Extension des Scouts de France apparaît en 1927 à l’initiative de chefs de la 9° Lille, troupe du père Sevin. Les unités sont fondées à Berck (Pas-de-Calais) dans les sanatoria où à l’époque, de nombreux jeunes vivent allongés en permanence, victimes de maladie des os.

Le père Sevin écrit une chanson sur eux « La voix des allongés » dès 1927 qu’il dédit à ses assistants Alfred Marchant et André Noel, chefs de la 9 ° Lille, fondateur de la branche Extension des Scouts de France. (« Les chansons des Scouts de France », ed 1947, p 64). L’annuaire 1930 des SDF signale 2 troupes à Berck (1° et 2)) et une meute de louveteaux 3° (Berck). La 1° a son local à l’hôpital hélio-marin qui existe toujours. Une quatrième troupe existe. Il s’agit d’une troupe par correspondance, la troupe Saint Paul dont le chef est à Cambrai (Nord). Le système des cahiers tournants rempli par chaque scout sera souvent employé.

Premier camp extension de guides en 1938

Les circonstances exactes de cette création ne sont pas connues. Au-delà des légendes, on peut remarquer que c’est à peu près au même moment que se crée ce qui va devenir l’Association des paralysés de France (APF) qui apparaît en 1933 avec un système de cahiers tournants. Chez les Guides de France, une branche Extension apparaît en 1932. Le premier camp extension de guides a lieu en 1938 aux Houches en Savoie.

L’une des toutes premières thèses consacrée au scoutisme, la thèse de médecine de Pierre-Robert Warcollier soutenue en 1940 « Rôle social du scoutisme par ses procédés physio-psychologiques d’éducation de jeunes » fait le point des implantations des troupes d’extension en omettant curieusement les troupes Scouts de France. Une troupe Eclaireurs unionistes à Berck, une à Leysin (Suisse, sanatorium).

Les Eclaireurs de France ont une troupe au préventorium de Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire) et à l’Institut des jeunes aveugles d’Illzach (Haut-Rhin), les guides de France deux compagnies à Berck et une ronde de jeannettes dans un préventorium de Provence, la Fédération française des éclaireuses une section à Berck, deux à Paris (hôpital Hérold et Enfants malades) une à Brévannes (certainement un sana. actuellement dans le Val-de-Marne), une au Roc-de-Fiz (sana du plateau d’Assy en Haute-Savoie), une section d’aveugles et un groupe d’enfants attardés, selon le langage de l’époque.

Une délégation de jeunes handicapés au jamboree mondial de 1960

Les troupes sont généralement constituées par type de handicaps (polio, aveugles, sourds-muets, allongés, pulmonaires) et souvent organisé au sein d’établissements : hôpitaux, sanatoria. En 1957, au jamboree du Canada, une délégation des Scouts de France sera composée de polio, de sourds-muets et d’aveugles. En 1960, les Scouts de France auraient eu 2 500 garçons et 450 chefs dans 120 unités Extension et les Guides de France 1 000 (Jean Peyrade, « Scouts et guides de France », éd. Fayard, 1961, p 184-185) ;

En 1956, les Scouts de France et Guides de France vont lancer l’Association nationale des amis de l’extension (ANAE) qui existe toujours afin de proposer des vacances de qualité aux handicapés physiques ou mentaux.

Les essais de scoutisme pour handicapés mentaux ont aussi existé. Mais ils sont encore plus mal connus que ceux pour handicapés physiques ou sensoriels. Le groupe d’enfants attardés de la FFE en 1940 en est manifestement un essai.

Un nom doit être signalé dans cette fiche sur l’Extension, celui de Jacques Astruc, commissaire des Scouts de France décédé en 1959 qui y consacra une longue partie de sa vie. Il est le fondateur en 1955 de L’Arc en ciel, bulletin de liaison des éducateurs Scouts de France au service de l’enfance inadaptée.

Avec l’évolution des structures accueillant des handicapés marqués par la fin de nombreux internats et l’évolution du regard sur le handicap, les troupes spécialisées disparaissant progressivement dans les années 60.

Jean-Jacques Gauthé, auteur de Les Scouts, Cavalier Bleu, coll. Idées reçues, Paris, 2007.

 

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