« Mon entrée chez les scouts, une chance »
« A l’école, j’étais souvent au fond de la classe, près du radiateur, surtout en maths. Je voulais faire des bandes dessinées »…
Rêveur, peut-être, volontaire sûrement ! Dès sa sortie du lycée, Laurent devient dessinateur pour La Presse de la Manche. « Je faisais un peu de tout, surtout des illustrations de publicités ». Parallèlement, il réalise quelques pages de Spirou. A ses premiers contacts avec les Scouts de France il n’avait que 19 ans.
« Ce qui intéressait les scouts », explique-t-il, « c’est que je connaissais bien le Mouvement : j’avais été louveteau, ranger, pionnier puis chef rangers… Mon entrée comme illustrateur chez les Scouts de France a été une véritable chance. J’étais un débutant assez médiocre à l’époque ».
A raison de quelques planches à dessins à chaque commande, de petites illustrations tous azimuts, Laurent démarre ainsi son premier « vrai travail » tout en amorçant une formation prise en charge par ce premier employeur. Parallèlement, viennent les premières pages dans « Tintin », avec Edouard et Lucie, qui seront reprises dans « Pistille ».
De sa fréquentation de la branche Louveteaux, Laurent sent peu à peu s’affirmer l’envie de travailler pour les enfants. De son travail pour les Scouts de France et pour « Pistille », il donne naissance vers 1978 à un personnage original qui s’appelle Clopin. Clopin s’adresse plutôt au 8-12 ans. Viendront ensuite, sa rencontre avec Makyo qui donnera la « Ballade au bout du Monde » - une B.D. tout public parue en 4 tomes chez Glénat en 1982 – et la célèbre série de « La sizaine des Fauves ».
La sizaine des fauves, BD d’une génération
« La série est née par petites tranches de 3 ou 4 pages dans chaque numéro de la revue Louveteau dès 1977. Elle a été repensée et lancée en B.D., en tant que telle, en 1984-85. Au début, c’était très pédagogique, très « scouto-scout », à usage interne… « Le signe du chat » puis « La ville endormie »… Avec le troisième album, les Scouts de France ont voulu une B.D. plus ouverte et « tout public ». Le recours à un scénariste professionnel extérieur au Mouvement s’imposait et m’a donné l’occasion de travailler avec Jean Léturgie. Le travail est devenu à la fois plus rigoureux, plus ouvert… mais aussi plus difficile à réaliser. Je pense que ce troisième album est de meilleure qualité et peut intéresser un large public. En même temps, il ne sert plus directement, « stricto-senso », les objectifs de la branche Louveteaux. Négociations, discussions plus nombreuses et pas toujours faciles avec l’équipe nationale… une nouvelle façon de travailler ! »
Beaucoup de projets, ou de rêves devenus projets puis réalité par un coup de crayon hors du commun. Sur le dessin, Laurent Vicomte a ces quelques mots : « A la base, c’est une passion qui est devenue un métier. J’y trouve énormément de plaisir sauf peut-être quand je suis trop fatigué. Je voyage beaucoup, parce que je suis capable de dessiner n’importe où, même en vacances… »
M. Fulconis et F. Masson

© Image, "Scoutisme et bande dessinée", 17, août et septembre 1992
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