Madeleine est née en Dordogne le 24 octobre 1904. Fille unique dans une famille de tradition catholique. De santé fragile, elle va peu à l’école et apprend à la maison. La famille suit les déplacements nombreux du père qui travaille aux Chemins de fer. Elle suit le catéchisme et fait sa communion. Jeune adolescente elle suit sa famille à Paris, fait beaucoup de piano, de dessin, écrit des poèmes. Elle devient athée avec violence vers 16-17 ans et exprime un certain nihilisme tout en aimant danser et discuter de longues heures.
Formation des jeunes cheftaines de Paris Sud
La fréquentation d’un groupe d’étudiants chrétiens dont Jean Maydieu fait partie lui fait entrevoir un Dieu possible. Le départ de Jean la déroute totalement. Elle se met à prier et parlera plus tard
« d’ une conversion violente après une recherche raisonnable » (1924). Période de dépression, de repos, de nombreuses lectures. Elle fréquente la paroisse Saint-Dominique à Paris. Le père Lorenzo, lui propose de s’engager dans le scoutisme (décembre 1926). Elle devient cheftaine de louveteaux. Elle se lance avec énergie et intelligence, organise des camps. On lui confie la formation des jeunes cheftaines sur le district de Paris-Sud en 1928. À plusieurs cheftaines, elles songent à une vie commune de charité, et au service des paroisses.
Annoncer la joie de l’Évangile, amour de Dieu offert à tous
C’est ainsi que naît la Charité de Jésus dont la première équipe s’installe à Ivry-sur-Seine en 1933. Madeleine aura fait cinq ans de scoutisme. L’équipe a pris en charge un centre social paroissial. Mais persuadée que pour être efficace il faut être compétente, Madeleine fait des études d’infirmière puis d’assistante sociale. Elle veut être une laïque ordinaire au milieu des gens ordinaires. Sa mission est d’être témoin et d’annoncer la joie de l’Évangile, amour de Dieu offert à tous. Elle en mesure toutes les exigences dans le milieu communiste d’Ivry avec lequel de nombreuses amitiés se nouent.
D’Ivry au Concile
Pendant toute la guerre et l’Occupation, elle dirige les services sociaux de la mairie d’Ivry. Nourrie par son expérience et par celle de ses équipes, elle réfléchit sur l’exigence missionnaire et rédige de nombreux textes. Elle arrête son travail en 1945. Jusqu’à sa mort le 13 octobre 1964, elle est occupée par ses équipes qui grandissent, par tous ceux qui sollicitent son écoute et ses conseils. Elle est en relation avec ce qu’elle appelle le « tout mission ». Une commission du Concile lui demandera des textes sur la rencontre des chrétiens avec l’athéisme. Le diocèse de Créteil a ouvert son procès en béatification en 1988. Ses œuvres complètes sont en cours d’édition.
Cécile Moncontié