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Le clan de Belfort en Résistance

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Le 21 juillet 1946, devant des milliers de personnes, Edmond Michelet, ministre des armées, remet la médaille de la Résistance au fanion du clan routier de Belfort "Guy de Larigaudie". Lors de la même cérémonie, le corps des pompiers de Belfort était également décoré de la médaille de la Résistance.

Médaille de la Résistance
Créée en février 1943 par la France Libre, cette décoration ne fut attribuée que jusqu’en 1947. Elle était destinée à honorer ceux qui eurent un comportement remarquable dans la Résistance.
Elle fut essentiellement attribuée à des personnes (la moitié à titre posthume), mais aussi à quelques collectivités : unités militaires, 18 communes et 15 collectivités civiles : deux hôpitaux, (Cahors et Saint-Céré), 2 communautés religieuses (les Sœurs du Très Saint Sauveur de Niederbronn et l’abbaye de Timadeuc), un lycée (Bourg-en-Bresse)... et le clan routier Scouts de France de Belfort.

Renseignements, liaisons, informations...
Le clan de Belfort fut très actif dans la Résistance : renseignements, liaison, distribution de tracts et de journaux clandestins dont Témoignage chrétien. À partir du début de 1944, le clan participa à la réception des parachutages d’armes autour de la commune d’Etobon, près de Belfort, transportant le matériel parachuté, des explosifs et des détonateurs. C’est notamment sous l’action de leur aumônier, Pierre Dufay, qui était également aumônier du lycée de Belfort, et officier lors de la campagne de 1940 que le clan s’engagea dans la Résistance. Pierre Dufay, qui avait aussi été l’un des introducteurs du scoutisme dans la région à fin des années 20, était depuis l’été 1943 chef départemental des Forces françaises de l’intérieur sous le pseudonyme de Raten.

Des combats de la Résistance à la mort
C’est après le débarquement qu’un grand nombre de routiers rejoignent les maquis et participent aux très violents combats autour de Belfort pendant cinq semaines en novembre 1944. 105 maquisards sont tués durant les combats. Chez les scouts du clan Guy de Larigaudie, 11 des 84 scouts tombent au combat. Une plaque à la citadelle de Belfort rappelle leur sacrifice.
Bernard Braun, agent de liaison du père Dufay est arrêté à Auxelles-Haut le 16 septembre 1944. Torturé durant deux jours, il meurt à 20 ans le 15 avril 1945 en camp de concentration. Charles Clavey, commissaire de district Scouts de France de Belfort en 1938-1939, fondateur de la 3e Belfort, responsable d’un dépôt d’armes, meurt le 5 janvier 1945 au camp de concentration de Gross-Rosen.


Hommage à titre posthume

Les frères Hartweg, Pierre et Claude, moururent d’épuisement tous les deux en camps de concentration : Pierre le 24 janvier 1944 à Buchenwald et Claude le 7 mars 1945 au camp de Flossenburg. Tous deux avaient été arrêtés alors qu’ils tentaient de franchir la frontière espagnole pour rejoindre la France libre. Yves Hennin, 16 ans, diffuseur de journaux clandestins, meurt le 21septembre 1944 lors de la libération de Belfort, tué par un éclat d’obus. Pierre Kammerlocher est tué le 20 novembre 1944 après avoir traversé les lignes ennemies alors qu’il guide une unité des commandos d’Afrique qui tente de s’emparer d’une usine où les Allemands sont retranchés. Il sera décoré à titre posthume de la croix de guerre avec palmes. Salvador Serena est tué le 27 septembre 1944 alors qu’il participe à l’attaque d’un convoi allemand. Pierre Dupont, chef de la troupe 2ème Belfort, est tué au maquis le 16 septembre 1944.
L’abbé Pierre Dufay meurt le 31 décembre 1944 dans un accident de voiture alors qu’il inspecte les postes de combat sur le Rhin. Il avait à ce moment intégré la brigade Alsace Lorraine d’André Malraux.
Le 21 septembre 2001, le groupe local des Scouts de France de Belfort, réuni autour de la plaque commémorative, se voyait remettre par le président des médaillés de la Résistance le fanion et la citation du clan routier afin de marquer la transmission aux jeunes générations.


Ce texte a été réalisé avec Jean-Jacques Gauthé, auteur de Les Scouts, Cavalier Bleu, coll. Idées reçues, Paris, 2007.

  • Maurice Pourchet, Epis moissonnés, imprimerie de l’Est, Besançon, 1946. Cette brochure raconte l’histoire des scouts et des militants de la Jeunesse étudiante chrétienne de Belfort engagés dans la Résistance. L’auteur est un prêtre, ami de l’abbé Dufay.
  • Dominique Varry, « Jalons pour une histoire des Scouts de France de Belfort, 1929-1945, De la fondation aux combats de la Résistance », Bulletin de la société belfortaine d’émulation, n° 78, 1986, pp 55-76.
  • Dominique Varry, « Foulard rouge et noir : le clan Guy de Larigaudiede Belfort », Résistance-FFI. Bulletin de la Fédération des amicales des Forces Françaises de l’Intérieur du Doubs, du Jura-Nord, et du Territoire de Belfort, n° 23, 1997, p. 27-31.
  • Collectif, La Médaille de la Résistance française, éditions Lavauzelle, 2002. L’histoire de la médaille de la Résistance et de collectivités décorées. Les scouts de Belfort sont présentés pp 152-153 avec des photos de la cérémonie du 21 septembre 2001.
  • Les articles de presse du quotidien Le Pays-L’Alsace signalés, ceux du Bulletin de l’association des amis du musée de la Résistance de Besançon, de la revue Scouts de France ainsi que La Gazette des Amis de l’Orme rond n° 45, mai 1995.

 
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