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 10.06.2011 - Les 13 et 14 juin 2011, 24 scouts haïtiens âgés entre 17 et 25 ans ont monté 154 tentes de 25 m² fournies par l'organisation humanitaire internationale Shelterbox. Ils assurent ainsi l’hébergement de 600 personnes sinistrées du camp d’Henfrasa, à Delmas, dans l’agglomération de Port-au-Prince.
 Un an et demi après le séisme en Haïti, les habitants du camp d’Henfrasa se trouvent toujours dans des conditions insalubres, dans des tentes vieillies, déchirées, raboutées, laissant parfois passer l’eau de pluie. Entassées jusqu’à 10 personnes dans une tente de 25 m², les familles n’ont que peu d’espoir de voir leur situation évoluer dans les mois à venir. Toujours prête à rendre service, l’Association Nationale des Scouts d’Haïti a répondu présente à l’appel lancé par Shelterbox France pour remplacer des tentes dans le camp. L’organisation humanitaire était venue en aide aux scouts haïtiens peu après le séisme en leur faisant don d’une dizaine de tentes permettant d’abriter les locaux temporaires de l’Association pendant plus de 6 mois. En partenariat avec Electriciens Sans Frontières, ils avaient alors réalisé l’électrification du camp qui servait de bureau national provisoire à toutes les opérations menées par les scouts. Soutenus par l’équipe chargée du suivi des programmes de protection civile, Joël CLERGE des Scouts d’Haïti et Arnaud LANSARD, volontaire Scouts et Guides de France, 24 scouts de l’Association Nationale des Scouts d’Haïti (ANSH) se sont mobilisés pendant deux jours pour reloger les sinistrés. En lien avec le comité du camp, ils ont choisi les familles bénéficiaires sur les critères de vulnérabilité tels que l’âge et le handicap. En équipe de deux, ils ont ainsi monté avec l’aide des sinistrés, 90 tentes la première journée et 64 la seconde.
Témoignages
Renald Joseph, 29 ans, responsable du camp « Depuis la catastrophe du 12 janvier 2010, je suis responsable du camp de Henfrasa, où vivent 3 400 personnes dans 600 tentes ou abris de fortune. Pour cela nous avons un comité qui gère le bon fonctionnement du camp, mais nous avons besoin de tout. En effet depuis un an et demi les tentes se sont complètement dégradées : ce ne sont plus que des morceaux de tissu déchirés qui prennent l’eau et qui sont un nid de microbes contre lesquelles se battent toutes ces familles. Les conditions sanitaires restent vraiment à déplorer, car nous ne possédons que 24 toilettes, soit un toilette pour 140 personnes. Pour les douches c’est entre 2 tentes, à la vue de tout le monde : pour nous protéger, au mieux nous n’avons que quelques morceaux de bâche. Le 4 juin 2011, M. John DIKSA [Président de Shelterbox France] est venu nous voir, lui qui était là juste après le séisme pour monter ce camp, et au vu de la situation nous a promis de changer les tentes des plus vulnérables d’entre nous. Cela s’est réalisé aujourd’hui avec les scouts d’Haïti : ils ont accompli un travail fabuleux et en deux jours ils ont changé 154 tentes. Mais il en faudrait beaucoup plus ! et pourquoi pas se dire qu’un jour tout le monde retrouvera un chez soi décent et une vie normale ! »
Paula Saint Surin, 31 ans, réfugiée dans le camp Henfrasa « Je m’appelle Paula Saint Surin, j’ai 31 ans et je vis sous une tente Shelterbox dans le camp Henfrasa de Port-au-Prince depuis le 27 Janvier 2010, avec ma mère, mes deux sœurs et mon frère. En effet, le 12 janvier 2010, la maison où je vivais avec ma famille s’est complètement écroulée. Nous avons eu la chance de ne pas perdre la vie, mais nous avons perdu toutes nos affaires. Le lendemain, nous nous sommes installés à Henfasa (stade de sport à l’origine) avec des bâches et des morceaux de porte. Le 27 janvier 2010, nous avons pu bénéficier d’une tente Shelterbox, ce qui a amélioré sensiblement notre confort. Mais voilà, aujourd’hui, cela fait un an et demi que nous sommes dans cette situation et cette tente est devenue ma maison, car je n’ai nulle part où aller. Dans mon nouveau chez moi, la vie ne sera pas plus facile, mais le confort sera un peu meilleur. Je ne serai plus mouillée chaque fois qu’il pleut, ma petite sœur sera sûrement moins malade et on pourra retrouver le sommeil. Je ne souhaite qu’une seule chose : pouvoir reprendre une vie normale, travailler et retrouver un chez moi. »
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