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Quand Marin, Éléonore, Clémence, Louis, Benoît et Axel, compagnons 1er temps, rencontrent le père Guy Gilbert, lors d’une conférence à Croissy (Yvelines) en début d’année, c’est une évidence : c’est au sein de son association, La Bergerie de Faucon, dans les Alpes de Haute-Provence, qu’ils veulent réaliser leur projet de solidarité.
La bergerie du Faucon : s'intégrer par la communauté Située en pleine campagne dans un cadre magnifique, La Bergerie de Faucon accueille une dizaine de jeunes adolescents en difficulté et fait le pari de les réinsérer dans la société. Accompagnés par des éducateurs, les jeunes prennent leur vie quotidienne et matérielle « en main » en s’impliquant dans tous types de travaux et de services. Marin explique : « Ça, c’est l’esprit de la Bergerie ! […] C’est comme chez les scouts ; dans l’association de Guy Gilbert, on donne après avoir reçu et le sens du service est placé au centre de tout. » Après une semaine passée à camper sur la propriété de la Bergerie, l’équipe de jeunes compagnons se met au service de l’association. Et si le choix des « Engativés » est influencé par la personnalité de Guy, ils attendent avec impatience la rencontre avec d’autres jeunes, aux parcours parfois difficiles ou atypiques.
Nouer une relation de confiance avec les jeunes Toute leur journée est rythmée par celle des jeunes : avec eux, ils s’occupent des bêtes du domaine, ils prennent leurs repas, ils les aident à monter des spectacles… Très vite la relation devient à la hauteur des espérances des compagnons. Clémence raconte : « on appréhendait un peu le contact avec les jeunes, on nous avait dit que certains avaient des couteaux, qu’il fallait qu’on se montre prudents, surtout au début. Mais super rapidement, les jeunes se sont montrés cool avec nous ; on n’était pas leurs éducateurs, il n’y avait pas de relation d’autorité entre eux et nous, même si on était un peu plus âgés. » Une autre crainte des Engativés venait de la peur d’être jugés en tant que scouts. Pourtant, là aussi, l’équipe fut surprise par l’absence de jugement et leur engagement au sein du mouvement a même donné naissance à de belles discussions !
Un message essentiel "L’autre a toujours une vérité qui nous manque" C’est donc un expériment extrêmement riche qu’ont vécu les compagnons ; car en plus de la relation nouée avec les jeunes, des diverses missions réalisées au sein de la Bergerie (s’occuper de ranger la librairie, aider à la préparation des grandes fêtes de l’association – fête des motards, fête de la Bergerie –) ils ont pu intégrer une dimension religieuse à leur projet. Car Guy Gilbert est le prêtre des loubards, et les messes qu’il a célébrées ont profondément marqué les compagnons. Éléonore témoigne de la première messe avec Guy : « Nous arrivions tout juste et étions environ une douzaine, dont plusieurs musulmans et athées. J’ai découvert une messe simple et un message essentiel : « L’autre a toujours une vérité qui nous manque. » J’ai retenu plus en 30 minutes qu’en des mois de messes ; là on allait à l’essentiel. »
Partis pour découvrir des jeunes « difficiles », les Engativés sont revenus certains que la rencontre avec l’autre est une force et que c’est à travers le service que se créent les plus beaux liens.
Mathilde Latapie, Reporter SoGood, d'après un témoignage des compagnons de croissy |