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1907… comme chaque année depuis qu’il est étudiant jésuite, Jacques Sevin âgé de 24 ans, passe les vacances en Angleterre à Roehampton près de Londres. Vraisemblablement il entend vaguement parler de ce général anglais qui fait une expérience inédite avec 20 jeunes des banlieues dans l’Ile de Brownsea.
L’année suivante parait Scouting for boys pour lequel il se passionne. Lorsqu’en 1913 un article publié par un jésuite dans la revue « les Études » n’apporte qu’un point de vue négatif sur ce Mouvement qui regroupe déjà presque 150.000 boys, Jacques Sevin obtient de ses supérieurs l’autorisation « d’aller voir » et de vivre avec « les boys-scouts ». Il passe donc l’été 1913 à Londres et rencontre les divers responsables, participe aux activités et manifestations et surtout s’entretient avec le Chef-Scout, lui-même, Baden-Powell. De ce jour naissent entre les deux hommes une véritable amitié et admiration réciproques qui iront croissant avec les années et feront dire à Baden-Powell : « la meilleure réalisation de ma pensée est celle d’un jésuite français ».
Une prière, une loi et des chants en héritage L’année 1913-1914 correspond à sa préparation au sacerdoce. Il sera ordonné prêtre le 2 aout 1914 – jour même de la déclaration de guerre – à Enghien (Belgique) où depuis 1901, à cause des lois françaises de la séparation de l’Église et de l’État, se passe la formation jésuite. Obligé de rester en Belgique, il profitera de ce temps pour rédiger « le scoutisme étude documentaire et applications » et faire, avec bien des difficultés, des essais clandestins d’un scoutisme intégré dans l’Église catholique.
En 1917, le père Sevin donne aux scouts la prière attribuée à Ignace de Loyola « Seigneur Jésus apprenez-nous à être généreux… » et comme insigne la Croix de Jérusalem. Il ne cessera alors de se donner au scoutisme, d’en forger l’âme, à travers les chants de la promesse, de la route et du camp, les prières pour chaque occasion, la technique et la formation des chefs. De retour en France, il s’emploiera à fédérer les groupes existants, à leur faire découvrir le scoutisme de Baden-Powell auquel il sera totalement fidèle. Le 25 juillet 1920 est créée la Fédération des Scouts de France autour sous la présidence du général de Maud’huy et dont le Chanoine Cornette est aumônier général. Et les premiers Scouts de France partent pour le Jamboree de Londres accompagnés par le père Sevin et Édouard de Macedo.
Le père Sevin fait entrer le scoutisme dans l’Église catholique Les années qui suivent seront riches en développement et en approfondissement de la méthode, de l’esprit scout et de la spiritualité. Le père Sevin en est « le Maître à penser ». Les « troupes scoutes » fleurissent un peu partout en France. Le père Sevin se dépense sans compter pour faire connaître la richesse du scoutisme et toute sa valeur éducative et évangélique. Tâche parfois difficile. Certains diocèses restent très méfiants devant ce mouvement importé d’Angleterre et auquel le père Sevin veut rester fidèle… En 1924, c’est à Rome qu’il doit aller défendre le scoutisme accusé de panthéisme, théosophisme, etc. fondé par un général anglais protestant et peut-être franc-maçon. La bataille est gagnée, le Pape approuve le scoutisme comme mouvement catholique. Le rêve du père Sevin se réalise : « faire entrer le scoutisme dans l’Église catholique ». Dès lors, le scoutisme participe activement au renouvèlement liturgique.
À partir de 1923, le père Sevin va s’investir pleinement dans la formation des Chefs en créant le camp-école de Chamarande pour lequel Baden-Powell a donné l’autorisation d’en faire un Gilwell français. Les cours de formation vont s’y succéder avec le succès que l’on sait. En 1933, suite à des querelles de personnes et de conception, le « Fondateur » est démissionné de ses fonctions. Il quitte alors le scoutisme, le cœur brisé, mais sans ressentiment ni amertume, avec le sourire scout, laissant à d’autres d’engranger les moissons. Compagnon de Jésus, il est appelé à une autre tâche : la création de la congrégation de la Sainte Croix de Jérusalem.
Le père Sevin est l’auteur de la loi des Scouts de France, adaptation du texte de la loi proposé par Baden-Powell aux scouts du monde entier.
En savoir plus :
- consulter la biographie du Père Sevin
- lire Sœur Madeleine Bourcereau, Jacques Sevin, fondateur et mystique, éditions Salvator, Paris, 2007, 315 pages
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