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À la peuplade, louveteaux et jeannettes font l’expérience du vivre ensemble. Ils sont amenés à progresser dans leurs comportements avec les autres et à appréhender la conséquence de leurs actes. Bref, éprouver la richesse d’être responsable.
Il ne serait pas si difficile d’arrêter de fumer à 18 ans ou de persévérer dans l’apprentissage d’une langue étrangère si l’on avait pleinement conscience que chacun de ses actes d’aujourd’hui aura une conséquence dans 10 minutes, 2 jours ou 20 ans. Plaisir immédiat ou cancer à 60 ans ? Effort soutenu pendant quelques mois, mais garantie d’un voyage à l’étranger riche en rencontres et discussions.
Prendre conscience de la conséquence de ses actes non seulement sur soi-même, mais aussi sur les autres est l’une des premières étapes qui mène à la responsabilité. Pourtant, elle est loin d’être la plus simple et la plus définitivement acquise. Dès l’âge de 2ans, l’enfant a intégré que s’il arrache le jeu de son frère, sa maman va le gronder. À 4 ans, il est capable d’expliquer pourquoi il ne faut pas arracher le jeu qui est dans la main de son frère. Et il sait s’en empêcher spontanément. Enfin, à 8 ans, il peut avoir envie du jeu de son frère, savoir que non seulement ce n’est pas bien de le lui prendre, mais mesurer qu’il risque des représailles à la fois de son frère, mais aussi de sa mère, ce qui peut potentiellement compromettre sa séance de jeux vidéos du soir.
Découvrir une nouvelle dimension Si dès 2 ans, l’être humain est capable de se représenter les conséquences de ses actes, on pourrait en déduire qu’il a la capacité dès cet âge-là d’être responsable, c'est-à-dire d’agir en fonction des conséquences sur lui-même et sur les autres. En sortant du cadre familial, grâce à l’école ou au scoutisme, l’enfant va découvrir une nouvelle dimension, celle du monde et du collectif. Les règles ne sont pas les mêmes, les conséquences de ses actes non plus. Il s’agit non plus seulement d’apprendre à vivre avec l’autre, mais avec les autres. S’il est donc essentiel de réfléchir avec la peuplade aux règles de vie nécessaires au vivre ensemble, c’est non seulement parce qu’elles donneront des points de repère essentiels à ce nouvel univers, mais bien plus encore, c’est poser le cadre sécurisant qui permettra à chacun de gagner en autonomie.
Un but qui fait grandir Le temps « de notre mieux » qui se déroule à l’occasion des promesses, est l’occasion d’établir un lien entre la devise des louveteaux et des jeannettes, la loi et le rapport de chacun avec les autres. En prenant un temps individuel, accompagné par son carnet, chaque enfant met en regard ce qu’il a compris de la loi et la façon dont il la vit. La formulation de la loi donne une perspective, un idéal, un but à atteindre qui fait grandir « Vrai, je donne mon avis et je fais ce que je dis ; dynamique, je suis actif et bon joueur ». Elle permet de mettre en avant le lien qui existe entre ce que je suis ou voudrais être et les conséquences que cela implique dans mon action et mon comportement au quotidien. L’occasion aussi de se redire que le plus important pour les louveteaux et les jeannettes, est de chercher à faire de son mieux pour progresser dans le respect de la loi, plutôt que de vouloir à tout prix être parfait. Ainsi, en proposant aux enfants de faire l’expérience de la conscience de soi-même, on leur permet déjà d’éprouver toute la richesse d’être responsable.
Pour en savoir plus sur le temps de notre mieux : Joue l’escapade, pages 52 à 55 Secret de veilleurs, page 14 GPS louveteaux-jeannettes, p.103 à 110 (chapitre IV, B)
Emmanuelle Audras, responsable nationale Louveteaux-Jeannettes |