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"Chaque scout doit se préparer à être un bon citoyen de son pays et du monde." Baden-Powell, Eclaireur

Les cartes electorales
 
« Le civisme a brièvement été défini comme l’attachement actif à la communauté. Dans un pays libre, il est facile et même ordinaire de se considérer comme un bon citoyen parce que l’on respecte les lois, qu’on fait son travail et que l’on exprime ses choix dans les domaines de la politique du sport etc … en laissant aux dirigeants le soin de s’occuper du bien-être du pays. Voilà une idée bien passive du civisme ! Mais un civisme passif ne suffit pas à promouvoir dans le monde les vertus de la liberté, de la justice et de l’honneur. Seul un civisme actif le fera ».
BP, Conseils aux chefs scouts, édition de la fraternité mondiale, 1944.

Dans quelques semaines, après plus de six ans je ne serai plus le Président des Scouts et Guides de France. A la veille des élections, ce que je perçois de la société française et de notre mouvement m’invitent à ce message plus personnel.
J’ai beaucoup appris et reçu du scoutisme depuis mon entrée chez les louveteaux. Dans ma famille rurale et issu des « périphéries », personne n’était scout. Je sais ce que je dois au scoutisme.
Le scoutisme est une pratique du bonheur. Penser, construire, mobiliser, vivre avec les autres est l‘unique chemin pour se construire en harmonie, s’épanouir, se dépasser, laisser une trace positive dans ce monde. Pour nous dans l’espérance chrétienne il est aussi un chemin pour accomplir les engagements de notre Foi toujours en travaux. Quand en adulte on a prononcé son engagement scout, il l’est pour la vie dans chaque choix de sa vie.
Depuis quelques semaines, j’ai la chance de discuter avec beaucoup d’entre vous. Je respecte les propos et les questions. Ceux qui très attachés à la Vie, aux fragilités de la naissance et de la vieillesse, aux enjeux bioéthiques pourraient en faire l’alpha et l’oméga de leur choix citoyen. Ceux encore plus nombreux qui veulent construire un monde fraternel et équitable, engagés pour réduire toutes les fragilités, - y compris les fragilités de ceux qui sont perdus dans notre société qui semble les rejeter, de ceux qui sont contraints à migrer – et qui voudraient construire des règles plus solidaires et avancées. Ceux qui attendent de plus de liberté la capacité à construire plus d’égalité et de fraternité ou ceux qui pensent qu’avec plus d’égalité se construiront plus de liberté et de fraternité, de droite ou de gauche donc.
L’enfantement du XXIe siècle mêle le génie du numérique et de toutes ses applications (qui transforment les organisations et ouvrent des possibles), la mondialisation et les inquiétudes, les inégalités et les relégations qui naissent de ces bouleversements et des égoïsmes de l’Humanité.

J’aime entre autres l’éclairage du pape François lors du soixantenaire du traité de Rome : « Que l’Europe retrouve l’espérance dans la solidarité qui est aussi le plus efficace antidote contre les populismes modernes. La solidarité comporte la conscience de faire partie d’un seul corps et en même temps implique la capacité que chaque membre a de “sympathiser” avec l’autre et avec l’ensemble (…)Au contraire, les populismes prospèrent précisément à partir de l’égoïsme, qui enferme dans un cercle restreint et étouffant et qui ne permet pas de surmonter l’étroitesse de ses propres pensées et de “regarder au-delà”. »

Ne pas se tromper de colère.
A tous mes sœurs et frères, adultes dans notre scoutisme et qui seraient tentés soit par le vote Marine Le Pen soit par l’abstentionnisme (il pourrait y avoir 30 % d’abstention) je dis que j’ai la conviction que ni l’un ni l’autre ne sont alignés avec les convictions qui ont forgé notre mouvement. Certainement que le pire des messages de cet entre-deux tour et qui semble venir à la fois des plus militants de l’éclosion d’un monde nouveau et de ceux respectueux de la Vie, c’est de rejeter dos à dos les deux candidats et ainsi légitimer le Front National comme un choix « parmi d’autres ». Ce serait un basculement historique niant plus deux siècles de combat de nos familles. La radicalité des critiques sur les politiques passées, l’aspiration à de profondes transformations ne peut pas conduire à s’abandonner aux choix des autres dans les urnes.
Le Front National n’est pas un parti « comme les autres » il porte en lui des germes de discorde, de haine et de rejet qui sont aux antipodes de ce qui nous lie par le scoutisme et le guidisme.
Je ne sais pas comment, chefs scouts et guides, au lendemain d’une victoire du Front National, vous pourriez expliquer que ce weekend end là vous n’avez pas tout fait pour combattre ce qui s’oppose aux convictions de notre mouvement.
C’est en quatre tours que les français vont décider de leur avenir. Ne mélangeons pas tout. C’est aux législatives que se choisiront les priorités du gouvernement. C’est après. Pour l’heure personne ne doit hésiter.

Nous sommes très nombreux, dirigeants associatifs, chercheurs, historiens, personnalités à mêler nos voix, chacun avec ses mots pour rendre compte de leurs convictions. C’est aussi le sens du texte joint et qui est signé de toutes les associations du Scoutisme français. Le Scoutisme, comme le rappelle l’OMMS est non-partisan. C’est parce que j’ai le sentiment que dans le choix tel qu’il se présente il y a un risque pour la société que je me positionne. Il nous faut garantir que nous pourrons poursuivre notre œuvre citoyenne et vivre notre Foi. En confiance, je vous renvoie à votre libre arbitre.


Fraternellement
Gilles Vermot Desroches
Président


Lire la déclaration de la Fédération du Scoutisme Français : chefs, cheftaines et responsables scouts, allons voter, le pire est possible.

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Chaque scout doit se préparer à être un bon citoyen de son pays et du monde.

Baden-Powell, Eclaireur

Chers compagnons majeurs, chefs, cheftaines et cadres
Nous venons de vivre Pâques, un temps fort, essentiel d'espérance. Un message unique de confiance, d'envoi en mission.

L'engagement dans le scoutisme, c'est permettre à des milliers d'enfants et de jeunes d'aller camper. Mais nous sommes scouts ou guides dans tous les moments de notre vie, pas seulement pour passer du temps ensemble dans les bois. Nous sommes guides et scouts pour changer le monde, pour être avec le monde, dans le monde. Être scout, être guide, c'est donc également d'ici cet été, participer aux votes. C'est un impératif.

Notre société peine à confier les clés de son avenir aux jeunes. Or c'est parmi les jeunes que le taux d'abstention est le plus élevé. Moins les jeunes participeront aux votes, moins les responsables politiques prendront en compte leurs aspirations puisque cela n'aura pas de retombée électorale. Notre expérience du scoutisme nous permet d'affirmer que les jeunes sont capables d'initiatives, de responsabilités, qu'ils sont inventifs. Ne privez pas la société de vos aspirations ! En étant engagé chez les Scouts et Guides de France, vous faites déjà profiter le monde de votre énergie. Voter, c'est continuer à le faire, d'une autre manière.

La jeunesse n'est pas seulement la société de demain. C'est aussi déjà celle d'aujourd'hui. Si vous ne vous en emparez pas, personne ne le fera pour vous. Le monde qui émergera de cette élection est le vôtre, vous n'en avez pas d'autres.

Nous croyons en la fraternité, en la solidarité, en l'ouverture aux autres, nous croyons en la jeunesse, nous faisons confiance aux choix collectifs, aux initiatives individuelles .

70 ans après le Jamboree de la paix où nos prédécesseurs, au lendemain de la deuxième guerre mondiale, avaient invité des scouts allemands, nous croyons en l'Europe pour construire notre destin commun, et nous savons qu'il faut l'améliorer. Notre projet éducatif, notre appartenance à l’Église catholique, nous rendent porteurs de valeurs fortes, opposées au repli sur soi et à la violence. A chacun d'en tirer les conclusions pour pouvoir voter en son âme et conscience et en cherchant à construire le bien commun.

Beaucoup d'entre vous seront en vacances lors du premier tour de l'élection présidentielle. Le deuxième tour aura lieu au milieu d'un week-end de trois jours. Prenez vos dispositions. Pensez à la procuration. Organisez vos éventuels week-ends en fonction des horaires d'ouverture des bureaux pour que les parents puissent voter. Donnez les moyens aux enfants et aux jeunes de comprendre les enjeux et de mobiliser à leur tour leurs familles pour aller voter.

Voter est essentiel, dès le premier tour de la présidentielle et aux législatives.

A l'heure où nous sommes en train de travailler pour améliorer la démocratie au sein de notre mouvement, nous devons aussi répondre présents à notre devoir de citoyen.

Amitiés

Gilles Vermot Desroches, Président

Olivier Mathieu, Délégué général