Accès directs |

À quoi ça sert de se priver pour le Carême ?

CaremeÉglise, foi, théologie, liturgie… Cléophas répond à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander ! Aujourd’hui, c’est Myriam qui l’interpelle.

Myriam - Pourquoi faudrait-il se priver pendant le Carême?
Cléophas - Le but du Carême, c’est de se préparer à vivre une rencontre, celle de Dieu qui vient nous offrir la vie. Et donc, il nous est proposé un chemin qui s’ouvre le mercredi des cendres. L’Évangile (Matthieu 6, 1-18) insiste sur trois dimen- sions de cette route qu’est le Carême. L’aumône, la prière et le jeûne. Tu vois, le jeûne est connecté aux deux autres. On pourrait résumer ce chemin ainsi : partir de que l’on aime et pas forcément de la nour- riture. Cela peut être Internet, la console de jeux… C’est voir que ce que l’on prend pour acquis ne l’est pas, que parfois on est attaché à des choses bien matérielles qui nous font passer à côté des choses vraiment essentielles.

Myriam - Mouais. Ce n’est pas un peu hypocrite? Genre on veut jouer au pauvre!
Cléophas - Non, cela n’a rien à voir ! C’est manière de lutter contre l’individualisme et de s’ouvrir au partage.


Myriam - Donc ça peut nous apprendre à mieux nous connaître?
Cléophas - Exactement ! C’est à travers l’autre, que ce soit mon frère, mon pro- chain, mais aussi Dieu, que je me décou- vre. Quarante jours, c’est long, très long. Se priver n’est pas une chose simple, mais ça nous aide à garder les pieds sur terre. On apprend l’humilité et l’amitié. C’est l’autre en passant par Dieu pour arriver à hypocrite quand on se prive de quelque important de le vivre à plusieurs: pour s’en-soi. L’aumône, c’est l’ouverture à l’autre ; la prière, c’est l’ouverture à Dieu ; et le jeûne, c’est l’ouverture à soi. Relation à l’autre, à Dieu, à soi, ça ne te rappelle rien?

Se priver de quelque chose, c’est faire l’expérience du manque. C’est pourquoi il est important de se priver de quelque chose qu’on ne regrettera pas ou quand on le fait pour se mettre en avant. Et on ne le fait pas pour jouer au pauvre. C’est un choix que le pauvre, lui, n’a pas, et c’est ce qui fait la différence. C’est se rappeler qu’il y a des gens qui n’ont pas la chance d’avoir ce que j’ai. C’est donc une belle courager, pour s’épauler (et surtout pas pour se mesurer).

Chaque fois que l’on tombe, c’est une nouvelle occasion pour être relevé par les autres, à commencer par Dieu. Vivre ce temps de privation, c’est finalement apprendre à se rapprocher des autres et de Dieu.