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« Quelle que soit ta mission, tu peux aider le mouvement à grandir ! »

26759 Marion PLARD bisLe défi Brownsea vient de s’achever et la rentrée a déjà commencé sur les chapeaux de roues pour de nombreux groupes et territoires avec les premières inscriptions et lancement de la nouvelle année. L’occasion de faire le point avec Antony Moine, délégué général adjoint, sur les enjeux du développement en ce mois de septembre. Entretien (première partie).

Est-ce que le défi Brownsea a été relevé cet été ? Est-ce que Baden-Powell aurait été fier de nous ?

« Il y a eu un véritable engouement autour du Défi Brownsea: plus de 500 unités, groupes ou territoires se sont lancées dans le défi, sans compter celles qui ne se sont pas déclarées mais qui ont mené des actions. Nous avons constaté avec bonheur que le mouvement est prêt à faire sauter des verrous, à inventer et à innover pour montrer que nous sommes une association accueillante et ouverte à tous. Bien sûr, l’important, n’est pas ce chiffre mais ce qu’il y a derrière : les rencontres, les découvertes, les rires, les émotions, les souvenirs... 

Brownsea, c’est le groupe de Pézenas dans l’Hérault qui a accueilli dans la caravane quatre réfugiés, avec une rencontre interculturelle marquante et des amitiés fortes entre ces jeunes. Brownsea c’est le camp accompagné dans la Drôme pour les nouveaux groupes qui démarraient leur activité, et leurs jeunes qui découvraient la vie de camp : se retrouver autour feu, se laisser porter par les jeux, apprendre à vivre en équipe... Brownsea c’est aussi les jeunes qui partent rarement en vacances, et peuvent quitter le béton pour se retrouver en pleine nature avec le groupe de la Butte-aux-Cailles à Paris. Brownsea c’est enfin les nouveaux chefs et cheftaines qui nous ont rejoint pour la première fois et campé dans l’Aisne avec les groupes de Seine-Saint-Denis. 

Au total on estime que 1500 personnes, surtout des jeunes, ont découvert le scoutisme cet été grâce à tous ceux et celles qui se sont mobilisées. Et on espère que tous et toutes vont pouvoir continuer cette aventure à la rentrée. 

Il y a aussi une partie moins visible de Brownsea, c’est le message et l’image que l’on renvoie à l’extérieur. Cet été, les médias ont beaucoup parlé de scoutisme, de l’engouement autour de notre projet éducatif et de notre méthode, de son caractère accueillant et ouvert sur le monde. Brownsea révèle cet engouement et amplifie cette image positive. 

Pour nous en interne, c’était l’occasion également de faire sauter un verrou culturel qui s’était installé au fil des années : le camp n’est pas l’aboutissement de l’année, mais il peut être au contraire le lieu de la première découverte du scoutisme. Il nous a libéré des énergies, il donné l’occasion de sortir du cadre, d’inventer et d’innover pour permettre à plus de jeunes et d’adultes de nous rejoindre. 

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En septembre dernier, on estimait qu’au moins 5000 jeunes ne pouvaient pas nous rejoindre. Quelle est la situation aujourd’hui ? 

Il faut bien avoir en tête que la saturation n’est pas un phénomène nouveau, il dure depuis des années. Il se renforce en raison de cet attrait pour le scoutisme. Depuis un an, nous avons commencé à agir : beaucoup d’actions ont été lancées dans les groupes et territoires pour accueillir ces familles qui sont à notre porte. L’enjeu est de taille pour nous parce que nous savons que ceux et celles qui sont refusés faute de place se tourneront vers d’autres activités et que nous les perdrons. 

Ce chiffre de 5 000 jeunes en attente est difficile à objectiver car on ne parle pas beaucoup de ce sujet et il existe une grande variété de réponses à la saturation d’un groupe à l’autre. Mais malgré ces efforts, nous n’avons pas réussi à l’endiguer. En cette rentrée 2018, nous aurons encore de nombreuses familles à qui l’on n’osera ou on ne pourra pas dire « oui ». C’est une certitude. 

Pourquoi est-ce que ces listes d’attente sont un problème ? Est-ce que ce n’est pas le signe au contraire que notre mouvement va bien ? 

Nous sommes convaincus que ce n’est pas un problème si on ne glisse pas le sujet sous le tapis. C’est une formidable chance d’avoir autant de demandes de nouvelles inscriptions, alors que de nombreuses associations ne vont pas bien aujourd’hui. Ce succès révèle que nous sommes en phase avec les besoins des jeunes et des familles, de la société. C’est une vraie source de satisfaction, et c’est le fruit de la qualité d’engagement de tous les bénévoles, responsables, cadres, chefs et cheftaines sur lesquels repose le mouvement. 

Les listes d’attente ne sont donc pas un fardeau: elles sont une opportunité, mais aussi une vraie responsabilité. Elles deviennent un problème si on ne fait rien, car nos statuts et nos textes fondateurs affirment que nous sommes un mouvement accueillant. Si on n’agit pas, on renvoie au contraire l’image d’un mouvement élitiste, fermé, alors que Brownsea dit exactement l’inverse : nous sommes un mouvement résolument tourné vers l’autre et l’accueil. Tout l’enjeu est de passer d’une posture « listes d’attente » à une dynamique « listes d’accueil ». 

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Tout comme Brownsea a libéré des énergies et de l’enthousiasme cet été, nous devons innover et inventer pour agrandir l’espace de notre tente dès maintenant, dès la rentrée. Nous ne sommes jamais aussi forts que lorsque nous devons inventer des solutions, et faire parler notre créativité ! »

Lire la suite de l’entretien et les pistes de solutions pour faire face à la saturation de mon groupe ou de mon unité >