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Interview de Stéphane Hessel : « Je veux encourager les jeunes ! »

IMG_STEPHANE-HESSEL23.04.11, 18h – Né le 20 octobre 1917 à Berlin, Stéphane Hessel est un diplomate et militant politique français. Combattant de la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale, puis déporté à Buchenwald, il a été Secrétaire de la Commission ayant élaboré à l'ONU la Déclaration universelle des droits de l'homme. Il est également écrivain et poète. Rencontre avec nos reporters SGTV…

IMG_7431Pourquoi avoir accepté l’invitation des SGDF à venir vous exprimer à ce rassemblement ?
Quand on a mon âge, on n’a pas grand-chose d’autre à faire : ça me plait de rencontrer les jeunes. Alors quand on m’a invité, j’ai accepté avec grand plaisir de venir faire part de mon expérience de longue vie. Je viens dire que tous les problèmes sont solubles et je voudrais encourager les jeunes à faire face à ces problèmes.


Vous avez été éclaireur unioniste, quels souvenirs en gardez-vous
? J’étais éclaireur unioniste de l’école alsacienne : j’ai d’abord été louveteau dans la meute des écureuils et puis j’ai rejoint la troupe. Je me souviens de camps en forêt de Rambouillet et au lac de Lacanau, c’était très beau.


Ce n’est pas un peu utopique de penser que notre engagement pourrait changer le monde ?
Rien n’est plus fort que l’énergie d’un individu prêt à la consacrer à changer les choses ! Dans le monde il y a trois forces : les forces économiques qui savent ce qu’elles veulent, le profit. Ils en veulent toujours plus et savent ce qu’ils ont à faire pour l’obtenir. Il y a les forces des États et ceux qui sont à leur tête : ils ont envie de garder le pouvoir et essaient d’agir sur le peuple pour que celui-ci continue à voter pour eux. Et puis, il y a les citoyens, ils peuvent baisser les bras et penser qu’il n’y a rien à faire, mais ce n’est pas vrai. Il suffit de refuser ce qui se passe, de se regrouper, de créer des partis ou des associations et d’exercer des pressions. Les États auraient alors à les écouter, cela s’est déjà vu dans l’histoire : on se disait que le Stalinisme serait là pour toujours, pareil pour l’Algérie française. Et ça a changé, plus de justice c’est possible !


C’est un beau message de confiance, mais vous ne pensez pas que c’est dur d’avoir confiance aujourd’hui ?
C’est sûr que ce n’est pas facile, surtout si l’on est tout seul, on peut se dire que ça n’avance guère. Mais si l’on arrive à se rassembler, comme vous, chez les scouts, on peut faire un vrai effort tous ensemble. Il y a des associations qui font des choses incroyables : par exemple j’ai entendu parler d’un groupe de 30 artistes israéliens qui s’est réuni pour demander un État palestinien. Je trouve cela formidable.

Myriam Morzelle,
Reporter SGTV, Cheftaine Pionnier-Caravelle (14-17 ans) à Cergy (95)