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Résister en s’engageant : discussion avec Stéphane Hessel

IMG_DSC_016223.04.2011 - Après son intervention très appréciée lors de la cérémonie d’ouverture, Stéphane Hessel a fait salle comble au palais des nations. Ancien résistant, co-rédacteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, diplomate et auteur du récent best-seller Indignez vous, il a commencé par préciser son âge : « 93 ans…et demi !...

…Vous avez donc devant vous un vieux qui se considère comme responsable de la motivation des jeunes », a-t-il ajouté avant de commencer à répondre aux questions de l’assemblée.

Il est d’abord revenu sur le récent succès de son manifeste Indignez vous, traduit en 27 langues. « Dans le monde tel qu’il vous apparaît, explique-t-il, il y a beaucoup de choses qui peuvent vous indignez. Mais au-delà de l’indignation, il faut s’engager. »
L’auteur précise que tout le monde ne peut pas s’engager sur tout et que l’indignation et l’engagement sont des faits personnels.

À la question comment apprendre aux plus jeunes à identifier clairement le bien du mal, Stéphane Hessel répond en revenant sur son histoire. « Ma génération a vécu des moments particulièrement graves. Nous avons assisté à la négation de valeurs qui nous paraissaient fondamentales. » Pour lui, ces valeurs, qui étaient celles de la résistance, permettent de discerner ce qu’il est légitime de défendre et ce qui ne l’est pas. .

L’ancien ambassadeur est ensuite revenu sur sa vision des Nations Unies où il a longtemps siégé. « Nous avons beaucoup de chance que subsiste cette organisation qui réunit les 193 États de ce monde. Mais elle est imparfaite parce que ce sont les États qui ont la responsabilité de la faire fonctionner. Or les citoyens devraient pouvoir y exercer une influence, nous sommes nombreux à le souhaiter ». Il s’est également exprimé sur le conseil national de la résistance, phénomène français et clandestin. Il trouve des analogies à ce mouvement dans les événements actuels de résistance aux dictatures.

Stéphane Hessel encourage finalement ses auditeurs à la vigilance : « il y a des périodes où l’on se dit qu’après tout, ça ne va pas si mal. Pourquoi s’indigner ? Pourquoi ne pas profiter de tout ce qui va bien ? » Mais il rappelle que des choses très graves se passent dans le monde en citant le Japon, Haïti, le Nouveau-Mexique…et regrette que les générations à venir ne trouvent peut-être pas une terre habitable. « Je parle de la terre parce que c’est très fort, conclut-il, mais l’injustice sociale l’est aussi : nous avons des raisons de nous émouvoir. Quand quelque chose qui nous entoure nous paraît insupportable, nous n’avons pas le choix, il faut résister ! »

Myriam Morzelle,
Reporter SGTV, Cheftaine Pionnier-Caravelle (14-17 ans) à Cergy (95)