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Parvis de Notre-Dame : regards de passants

IMG_Jeunesse_sengage24.04.2011 - La journée est belle, et commence tôt : dès 7h, 3 500 jeunes compagnons et rovers, âgés de 17 à 22 ans, se réunissent sur le parvis de Notre Dame de Paris. Après la messe de Pâques, c’est au tour du « happening », tableau vivant d’une jeunesse engagée, de monopoliser l’attention.

HAPPENING7Apparemment, les jeunes se sont déjà passé le mot…la veille. Il n’y a qu’à voir la mine usée de certains pour comprendre qu’ils ont veillé tard dans la nuit pour prolonger un peu plus l’expérience de ce Paris d’Avenir décidément bien riche. Malgré tout, ça s’agite sur le parvis. Dans ce flot naissant, je remarque assis sur un banc du parvis, deux couples: il y a Danièle, la cinquantaine, son mari François, et ses parents Thérèse et Guy. Apparemment contents d’être au cœur de cette joyeuse agitation, ils ne se rendent pas compte du danger qui s’approche : une véritable marée humaine qui investit le parvis à la vitesse d’un cheval au galop. On se croirait au Mont-Saint-Michel un 15 août. J’enlève mes chaussures et mon tee-shirt et plonge donc pour les sauver : c’est une véritable mer de chemises vertes que je dois affronter pour parcourir les quelques mètres qui me séparent d’eux. Après les avoir rejoints, nous échappons de peu à la noyade, et nous prenons nos distances avec la foule, histoire de pouvoir discuter plus tranquillement. Il était moins une... Heureusement les membres de la commission « Communication et SADEPED (Sauvetage des personnes en détresse) » ne sont jamais bien loin.

Danièle, François, Thérèse et Guy ne connaissent pas le mouvement des Scouts et Guides de France. Ils sont là par hasard : pour le week-end de Pâques, ils se retrouvent en famille à Paris, et avaient envie de se balader autour de la cathédrale. Assister de manière impromptue à une des activités du rassemblement est pour eux « une bonne surprise ». S’ils avouent avoir eu quelques difficultés à comprendre ce qui se passaient autour d’eux, c’est peut être parce qu’ils n’ont jamais été au Mont-Saint-Michel, mais aussi et surtout parce qu’ils sont impressionnés par la logistique déployée. « On n’aurait pas cru que c’était possible » lance François, les yeux fixés sur la nacelle d’où sont prises les photos aériennes du happening. « Franchement chapeau, fallait le faire ». Thérèse et Guy par contre, s’étonnent de l’âge avancé de ces scouts. Je leur précise qu’ils ont, pour la plupart, entre 17 et 20 ans, ce qui semble satisfaire Thérèse : « C’est bien de montrer que ce type de mouvement, ça concerne aussi des adolescents et des jeunes adultes, et pas juste des enfants de moins de 12 ans. Ça veut dire qu’ils sont vraiment volontaires, que ce ne sont pas les parents qui décident pour eux de les mettre là, parce que les jeunes, aujourd’hui, on ne les bouge pas s’ils n’ont pas envie… ».

Je lui demande de préciser ce qu’elle entend par « ce type de mouvement » - c’est le scoutisme en général, bien entendu, mais je voudrais savoir ce qu’elle met derrière. Et là, petit moment de flottement. Déjà de l’intérieur, décrire ses expériences scoutes, ce n’est jamais évident, mais alors de l’extérieur, ça devient vraiment difficile, surtout pour des non-initiés. Un club de sport ou un atelier de dessin, on sait ce qui s’y passe, mais dans une troupe scoute, c’est moins évident. Finalement, Danièle s’y essaie : « Je dirais, c’est un peu un mouvement de fraternité, non ? ». Bingo, la réponse me plait, on valide. Comme quoi la fraternité, on ne sait jamais trop où la classer ni comment la mesurer, mais ça peut être aussi simple qu’une vague de jeunes scouts qui ne laisse pas indifférente !

Antoine Pollez,
Reporter SGTV