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« On vient de tous les pays et on partage les mêmes idéaux »

IMG_intern24.04.2011 - Après une journée à parcourir Paris en long, en large et en travers, pour les jeux de pistes et projets de solidarité (experiments), les compas (jeunes scouts âgés de 17 à 20 ans) et les rovers (leurs homologues à l’international) reviennent au 104, le QG du rassemblement pour ces deux premiers jours.

LaToileScoute_Portraits_183Ce samedi soir, le rassemblement est déjà bien entamé, il est temps de savoir un peu ce que les compas ont vécu en équipes internationales. Il n’y a qu’à choisir une équipe à qui s’adresser, on a l’embarras du choix. Finalement, je tombe sur les « Compas Compris », une équipe d’Ancenis (en territoire Atlantique Vendée). Il faut dire qu’ils sont repérables avec leurs oreilles de lapin sur la tête.
Ils ont passé leur après-midi avec les cadres du mouvement des Scouts Israelites de France, qui ont été conviés au rassemblement. Pour eux, ce n’est pas seulement l’occasion d’une rencontre avec une autre religion, c’est aussi la découverte d’ « une autre manière de vivre et de penser », expose Claire. « Ça a été présenté de manière ludique, et j’ai bien accroché. C’est intéressant de se rendre compte qu’il y a d’autres manières de vivre le scoutisme, du coup ça me donne des idées pour enrichir nos pratiques ». Si la chanson en hébreu apprise quelques heures plus tôt n’est pas tout à fait au point, on sent malgré tout que l’échange a porté ses fruits. Ils se sont même pris au jeu, et, comme les israélites, ont observé le shabbat à midi. Un projet réussi en somme, « du 5 sur 5 » assure Quentin.

Pour cette équipe, les rassemblements, c’est presque devenu une habitude. Ils étaient déjà à "Quels Talents" (rassemblement des scouts et guides, âgés de 11 à 14 ans, en 2006) et à Cité Cap (rassemblement des pionniers et caravelles, âgés de 14 à 17 ans, en juillet dernier). Du coup, des idées leur viennent, ils en veulent encore plus. « A quand une nuit à la belle au Trocadéro ? » demande Jeanne. Ils se seraient bien vus au rassemblement mondial en Suède cet été, mais ils passeront leur camp au Lac de Vassivière, pour prêter main-forte à une association locale sur un chantier. « Et puis dans notre équipe internationale, il y a des Finlandais avec qui on a un bon contact, conclut Quentin. C’est peut-être le début d’un nouveau projet… » Quand on vous dit qu’ils ne sont pas à court d’idées…

LaToileScoute_Portraits_045_par_Lauren_LacondePas très loin d’eux, toujours dans le 104, je rencontre des Rovers portugais. Ils viennent de Faro, et sont aisément repérables avec leur tenue bleue marine au milieu de la verdure. Ils parlent de leur projet de solidarité avec enthousiasme. Sofia m’explique qu’ils étaient impliqués sur une sensibilisation autour du handicap, à travers une démonstration de football en fauteuil roulant. Des matchs ont eu lieu avec des membres de la FIPFA, la Fédération Internationale de Powerchair Football Association, dont le siège est à Paris. Miguel s’est essayé à la discipline. Il se dit surpris du niveau d’habileté que cela exige. « On ne s’imagine pas en les voyant qu’il faut tant de dextérité sur un fauteuil. » Au final, ce projet de solidarité est une réussite, malgré les difficultés de communication qu’ils ont pu rencontrer : « la préparation s’est faite en français, du coup, on n’a pas vraiment pu y prendre part. C’est dommage, on aurait préféré que tout le monde parle anglais, mais ça ne s’est pas fait spontanément ». Cet obstacle linguistique restera comme le petit bémol d’un rassemblement réussi : « on se rend compte qu’on vient de tous les pays, qu’on a tous une culture différente, et en fait on partage les mêmes idéaux». Pour tous les réunir, rien de tel que des chants et des danses. Miguel et Sofia donnent de la voix dans le sous-sol du 104, et attirent très vite une foule de compas prêts à faire la fête avec eux. Comme quoi, les rovers aussi sont le sel du rassemblement.