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Les compagnons à la découverte du métier de berger dans le Jura

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Chaque été, des équipes de compagnons (jeunes de 17 à 21 ans) se rendent dans les alpages jurassiens en partenariat avec l’association "les bergers du Jura". L’occasion pour eux de découvrir un métier au cœur de la nature et de se mettre au service. Reportage.

A la rencontre de bergers dans le Jura franco-suisse

Dans l’alpage "Chez Mimi", la bergère, c’est Claudine ! Chaque jour, son travail est rythmé par les vaches : les sortir la nuit, les rentrer le jour, sortir le fumier, faire le foin et couper les chardons pour entretenir le terrain où les vaches paissent. L’été, depuis plus de 5 ans, elle accueille des compagnons pour leur montrer son métier et pour qu’ils lui apportent une aide ponctuelle. C’est souvent une découverte d’un milieu tout à fait inconnu pour eux. En effet, difficile de se faire une idée des alpages lorsqu’on est citadin. Le métier de berger est devenu si rare que les jeunes connaissent peu cette profession dont on peut tant apprendre.
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"Je voulais découvrir le métier de Claudine, apprendre à m’occuper des vaches" explique Marie, 19 ans, compagnon à Sceaux. "Ce n’est pas simple de s’occuper des vaches ! J’ai découvert qu’il faut les ranger dans un ordre bien précis " indique Elise de Marsannay la côte. Diane, compagnon à Limoges, souligne aussi la qualité de l’accueil de Claudine : "passionnée de son terroir, elle ne manque jamais une occasion de nous apprendre des choses qu’on peut réutiliser chez nous. Par exemple, les plantes à prendre pour les tisanes, ou encore pour pimenter notre repas ". La rencontre se vit aussi avec les bergers de passages dans la bergerie, ou lorsque les équipes vont faire leurs courses. "Nous sommes aussi allés à une fête de la région où paysans, agriculteurs, bergers se réunissent pour partager et s'amuser, c'était très convivial et joyeux !" , témoigne une compagnon de Limoges.

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Partir dans le Jura, c’est aussi l’occasion de faire de jolies balades : à vélo pour l’équipe de Marsannay, en voiture pour l’équipe de Limoges ou encore à pied pour l’équipe de Sceaux !

L’expérience de la sobriété heureuse

Loin du réseau téléphonique, de l’eau courante, de l’électricité, c’est un vrai retour à la sobriété que les équipes compagnons choisissent. Ainsi, c’est l’occasion de vivre pleinement le scoutisme, "faire un camp avec des installations" racontent les Scéens et vivre pleinement le projet "Habiter autrement la planète" des Scouts et Guides de France.

Les compagnons de Limoges ont choisi de vivre ce camp pour souder l’équipe, revenir aux sources et se déconnecter du monde : "nous n’avions pris qu’un seul téléphone portable pour faire une vraie coupure".

Pour l’équipe des "Préverts" de Limoges, la sobriété s’est vécue par le "zéro déchet". Les filles se sont lancées le défi de faire un camp sans poubelle. Il s’agissait d’aller faire des courses chez les producteurs locaux avec des bocaux, et de ne pas faire de déchets. Objectif atteint !

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Claudine, vivre au cœur de la nature, au service de la biodiversité

Claudine est bergère depuis plus de 27 ans. Elle vit six mois dans la bergerie pour entretenir le troupeau de vache laissé par les paysans.

"Recevoir des scouts durant la période estivale, ça m’apporte une présence et des échanges avec eux. Ils sont souvent citadins. C’est intéressant de partager sur nos vies si différentes. Je peux leur parler de mon choix de vie : vivre avec peu de choses et ainsi respecter la nature. Ils m’aident au travail, je suis contente quand les premières équipes arrivent. On s’invite à manger, eux m’invitent, on fait les courses ensembles. Ça fait de la vie, de la jeunesse !"

Tout n’est pas toujours simple non plus. "Il arrive que des équipes soient moins respectueuses que d’autres. Une équipe n'a pas pris en compte la biodiversité locale et n'a pas respecté les consignes. A titre personnel, j’étais vraiment fâchée et blessée, mais c’est aussi le genre d’action qui peut mettre en danger tout le partenariat si la mairie décide d’interdire les scouts. Je suis aussi toujours surprise par leurs courses et la très mauvaise qualité de ce qu'ils mangent, alors que manger bio et local est un vrai plaisir pour moi."

Mais la plupart du temps, ça se passe bien, et chacun ressort grandi de l'expérience : "Je leur permets de toucher une vache, de rencontrer la nature, les animaux. Pour la plupart c’est bien pour eux car ce sont des étudiants citadins, devant leurs écrans. Ici il n’y a pas de réseau, c’est une possibilité pour eux de vivre loin de ce qu’ils connaissent."

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