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Construire la paix : 100 ans de scoutisme

photochapoarticle100ansdepaixEn un siècle, l’histoire a montré que le scoutisme savait dépasser les clivages idéologiques et les tensions politiques pour bâtir une paix durable. Il va au-delà des frontières. Par son universalité, le scoutisme réunit des personnes qui partagent des valeurs de fraternité. Depuis plus de 100 ans, il a ainsi permis d’apprendre à des millions de jeunes à prévenir les conflits, à rétablir les liens rompus. Aujourd’hui encore il joue ce rôle dans les pays meurtris par les guerres.

[en-tete] [titre]Construire la paix : 100 ans de scoutisme[/titre] [media image plein-ecran]https://www.sgdf.fr/images/stories/images/stories/19721994584_bc729ae07c_k.jpg[/media] [/en-tete]

Merci à la Fédération des Associations d’Anciens et d’Adultes du Scoutisme Français pour les contenus utilisés dans cet article

[sous-titre]Vivre la fraternité au-delà des frontières[/sous-titre]

Depuis la création du scoutisme, les jeunes scouts et guides sont encouragés à rencontrer leurs frères et sœurs d’autres pays pour construire la paix au sein de la grande fraternité humaine.

Construire des alternatives à la guerre

Le scoutisme est un modèle éducatif simple qui met au cœur de son projet l’application des valeurs de fraternité et d’amitié. Fondée en 1920 par Baden Powell, juste après la 1ère guerre mondiale, la coordination mondiale des mouvements scouts se voyait déjà confier un rôle actif et déterminant pour proposer une alternative à l’esprit de guerre. Baden Powell enjoignait alors ses frères scouts à pratiquer « l’indulgence réciproque » et « la fraternité scoute pour contribuer au développement de la paix et du bonheur ».

[citation]Entre les peuples du monde, il existe des différences dans la pensée et dans les sentiments comme il en existe dans la langue et l’aspect physique. […] Le Jamboree nous a appris que si nous pratiquions l’indulgence réciproque et si nous sommes ouverts à l’échange avec les autres, la sympathie et l’harmonie s’installeront naturellement parmi nous. […] Frères scouts, répondez moi : Voulez-vous vous unir dans cet effort ?  [legende]- Baden Powell[/legende] [/citation]

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En 1947, alors que l’Europe vient de subir deux guerres mondiales, les scouts vont poser un acte fort et symbolique lors du jamboree de la paix organisé en France. Le dessein de construire l’amitié franco-allemande surpasse à ce moment les lourdes conséquences que la guerre a laissé derrière elle. Alors que l’occupation allemande est encore dans les esprits de tous, les scouts français invitent les scouts allemands venus de Sarre à dormir sur le même lieu qui réunit 25 000 scouts du monde entier. Cette action transgresse l’opinion publique et la choque mais elle est spontanée et non négociable si l’on veut penser à l’avenir et s’engager pour la réconciliation des deux peuples.

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Tisser des amitiés internationales

Les atrocités de la guerre ont profondément marqué la première moitié du XXème. Aujourd’hui encore elles résonnent dans nos mémoires. L’amitié franco-allemande revêt dans ce contexte une dimension tout à fait particulière. Ainsi, le 29 mai dernier, François Hollande et Angela Merkel étaient réunis à Verdun pour honorer les victimes de la bataille de Verdun et les scouts allemands y étaient invités pour déposer les gerbes.

Aujourd’hui, le monde reste menacé par des conflits internationaux qui se complexifient ou se multiplient. La tentation du repli sur soi est perceptible au sein des communautés et des peuples. Le scoutisme veut être optimiste pour l’avenir et continue d’encourager la rencontre de l’autre qu’elle soit entre scouts et guides ou avec des publics extérieurs (célébrations de journées mondiales, opérations portes ouvertes, partage de la Lumière de la Paix, aide aux collectes alimentaires des associations, distribution de repas pour les sans-abris, accueil des réfugiés,…).

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Les rassemblements scouts, eux, répondent à un besoin de partager des expériences au-delà des frontières géographiques, sociales, culturelles, religieuses. Les succès du dernier jamboree au Japon en août 2015 (pour les 70 ans d’Hiroshima) qui réunissait 30 millions de scouts et guides du monde entier et celui du Roverway qui a eu lieu cet été en France témoignent d’une vive et profonde aspiration des jeunes à vivre ensemble dans la paix.

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Pour la première fois depuis 70 ans, le Président de la République française était présent à un rassemblement scout, reconnaissant l’action éducative du scoutisme et l’engagement des scouts et guides pour la solidarité et la paix, toujours actuels dans un temps où violences et rejet de l’autre redeviennent de plus en plus banalisés.

[citation]Vous avez décidé d’aller au-delà de vous-même et de vous engager pour une cause qui est celle de la paix, de la solidarité, de la compréhension, et de l’action. L’engagement n’est pas simplement des valeurs que l’on partage. L’engagement, c’est une traduction de ces valeurs en actes. [legende]- Discours de Francois Hollande au Roverway 2016[/legende][/citation] .

[sous-titre]Eduquer à la rencontre de l’autre[/sous-titre]

Toute la richesse du scoutisme réside dans ce qu’elle apprend à chacun ce qu’il y a de plus précieux à rencontrer l’autre et l’accueillir dans sa différence. Si certains discours publics ou politiques ont tendance à prôner la différence comme une source d’opposition entre les hommes et les communautés, le scoutisme est convaincu qu’elle est un ferment des liens qui nous unissent dans une même fraternité.

Montrer la richesse de la différence

 

Le scoutisme propose à chacun de s’éveiller à la spiritualité ou à la religion. L’accent est mis sur les expériences vécues et leur relecture, invitant chaque individu à découvrir une spiritualité qui soit en accord avec sa culture et ses choix religieux. Il permet des choix spirituels autonomes fondés sur la raison, loin de tout fondamentalisme.

Né à la fin des années 1990, le Forum interreligieux scout mondial a pour objectif de faire travailler ensemble toutes les religions et croyances existantes dans le Scoutisme. Huit groupes religieux sont représentés (protestants, chrétiens orthodoxes, catholiques, juifs, musulmans, bouddhistes et bouddhistes won, mormons) au sein du Forum. Des religions comme l’hindouisme et le sikhisme ont également contribué ponctuellement au travail de ce forum. Ensemble, ces groupes organisent des activités inter-religieuses des rassemblements de scoutisme internationaux, des symposiums inter-religieux pour le scoutisme mondial et travaillent au développement spirituel et religieux du scoutisme.

La proposition « Vis mon camp » de la Fédération du Scoutisme Français s’inscrit dans la volonté de favoriser la rencontre inter-religieuse. Elle fait ainsi se rencontrer des jeunes de spiritualités diverses lors de week-end ou camp organisés par les associations membres (catholique, protestante, juive, musulmane, bouddhiste, laïque) pour partager des manières de faire du scoutisme, des cultures et des religions différentes, parfois inconnues pour certains, autour d’activités communes.

[diaporama][media image]https://www.sgdf.fr/images/stories/images/stories/new11941articlepaix.jpg[/media][/diaporama]

Se donner les moyens de combattre les préjugés

Dans la région des grands lacs d’Afrique, durement touchée par des décennies de conflit, les associations de scoutisme coopèrent dès les années 90 pour dépasser les tensions politiques et agir pour la paix. Construire des ponts entre les hommes qui partagent les mêmes valeurs de fraternité et de paix c’est exactement ce que font 8 associations scoutes (dont le Congo, le Burundi, le Rwanda font partie) de la région des grands lacs pour pallier l’échec de la politique et contribuer à la régulation d’une situation catastrophique. De l’instauration d’un dialogue entre les organisations scoutes de la région aux rassemblements de milliers de personnes unies par le même désir de paix (en 2002 au Burundi et en 2007 au Congo), les organisations mondiales de scoutisme et de guidisme (OMMS et AMGE) définissent en 2005 le projet Amahoro Amani dans lequel les Scouts et Guides de France et d’autres associations membres sont impliquées. Ce projet permet de combattre les préjugés et d’installer une paix durable. 420 médiateurs de la paix, issus des mouvements scouts et guides et du monde associatif, animent localement des clubs de paix, rassemblant chacun une cinquantaine de jeunes. Au total ce sont près de 20 000 jeunes qui participent à cette démarche active de pacification.

[media image]https://www.sgdf.fr/images/stories/images/stories/Image10.jpg[/media]

[sous-titre]Agir concrètement pour la paix[/sous-titre]

100 ans sont passés et le scoutisme a su insuffler l’espoir de paix qui manquait en certains lieux et certains temps de notre humanité. Aujourd’hui, il poursuit son action protéiforme en faveur de la paix aux échelles locale et internationale, et est reconnu pour sa contribution à faire un monde meilleur.

Des pays en conflit et un scoutisme ferment de paix

À l’instar du Congo où il évite aux enfants de devenir des enfants soldats, d’Israël où il permet le dialogue interculturel entre les différentes communautés, du Salvador où il offre une nouvelle vie aux enfants des rues, le scoutisme a démontré son rôle majeur dans les pays en crise, car les jeunes y apprennent qu’il existe des alternatives à la violence qui touche leur pays. En Afghanistan, le scoutisme renait depuis 2010. Comme partout dans le monde, les scouts afghans font des activités collectives mais 30 ans de conflits impliquent aussi de sensibiliser les enfants aux risques du quotidien. Apprendre à identifier des mines fait notamment partie du programme. Quelle que soit la nature de la violence ou de la crise, le scoutisme essaie d’apporter des solutions concrètes et durables et propose un espace de dialogue et de concordance là où les politiques échouent à sortir de la confrontation.

Etre solidaire dans les situations urgentes

 

En Europe, les situations d’urgence (catastrophes naturelles, crise des migrants notamment) nous interpellent et mobilisent les scouts et guides sans hésitation.

A Lesbos, les scouts grecs mènent de nombreuses actions auprès des migrants : aide au débarquement, distribution d’eau et de vivres, animations pour les enfants… ils contribuent également à nettoyer la plage des centaines de gilets de sauvetages abandonnés par les réfugiés comme un témoignage des épreuves qu’ils ont dû traverser avant de gagner la rive.

[media image]https://www.sgdf.fr/images/stories/images/stories/Image6.jpg[/media]

En France, les Scouts et Guides de France sont aussi mobilisés depuis 2015 pour l’accueil des familles. Des réfugiés ont trouvé l’hospitalité auprès des groupes locaux qui sont allés à leur rencontre avec l’aide des partenaires associatifs. Des groupes ont accueilli des enfants pour faciliter leur intégration et leur faire oublier les épreuves qu’ils ont traversées. A Calais la solidarité y est continuelle. Des équipes de compagnons (17-20ans) se relaient pour animer des activités avec les enfants et servir des repas dans la jungle.

[media image]https://www.sgdf.fr/images/stories/junglecalaiscabane.jpg[/media]

Au printemps dernier, toujours en France, les inondations qui ont duré plusieurs semaines ont nécessité une forte mobilisation. Les scouts de tout âge sont venus en renfort aux pompiers et collectivités pour aménager le gymnase, distribuer des repas, aider les sinistrés isolés ou encore nettoyer. Dans certains cas, ce sont les mairies qui les ont naturellement sollicités. Un signe de reconnaissance de l’action du scoutisme, capable de mobiliser rapidement des ressources pour appuyer les services sanitaires. Trois jours après le séisme qui a ébranlé la région d’Ascoli Piceno, les scouts italiens, appelés par la protection civile, étaient en renfort pour aider les victimes et soutenir la population en août. Nul doute que la solidarité, commune à ces mouvements de scoutisme internationaux, est universelle.

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En un siècle, l’histoire a montré que le scoutisme savait dépasser les clivages idéologiques et les tensions politiques pour bâtir une paix durable. Il va au-delà des frontières. Par son universalité, le scoutisme réunit des personnes qui partagent des valeurs de fraternité. Depuis plus de 100 ans, il a ainsi permis d’apprendre à des millions de jeunes à prévenir les conflits, à rétablir les liens rompus. Aujourd’hui encore il joue ce rôle dans les pays meurtris par les guerres.

Construire la paix : 100 ans de scoutisme

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Merci à la Fédération des Associations d’Anciens et d’Adultes du Scoutisme Français pour les contenus utilisés dans cet article

Vivre la fraternité au-delà des frontières

Depuis la création du scoutisme, les jeunes scouts et guides sont encouragés à rencontrer leurs frères et sœurs d’autres pays pour construire la paix au sein de la grande fraternité humaine.

Construire des alternatives à la guerre

Le scoutisme est un modèle éducatif simple qui met au cœur de son projet l’application des valeurs de fraternité et d’amitié. Fondée en 1920 par Baden Powell, juste après la 1ère guerre mondiale, la coordination mondiale des mouvements scouts se voyait déjà confier un rôle actif et déterminant pour proposer une alternative à l’esprit de guerre. Baden Powell enjoignait alors ses frères scouts à pratiquer « l’indulgence réciproque » et « la fraternité scoute pour contribuer au développement de la paix et du bonheur ».

Entre les peuples du monde, il existe des différences dans la pensée et dans les sentiments comme il en existe dans la langue et l’aspect physique. […] Le Jamboree nous a appris que si nous pratiquions l’indulgence réciproque et si nous sommes ouverts à l’échange avec les autres, la sympathie et l’harmonie s’installeront naturellement parmi nous. […] Frères scouts, répondez moi : Voulez-vous vous unir dans cet effort ? 
- Baden Powell

En 1947, alors que l’Europe vient de subir deux guerres mondiales, les scouts vont poser un acte fort et symbolique lors du jamboree de la paix organisé en France. Le dessein de construire l’amitié franco-allemande surpasse à ce moment les lourdes conséquences que la guerre a laissé derrière elle. Alors que l’occupation allemande est encore dans les esprits de tous, les scouts français invitent les scouts allemands venus de Sarre à dormir sur le même lieu qui réunit 25 000 scouts du monde entier. Cette action transgresse l’opinion publique et la choque mais elle est spontanée et non négociable si l’on veut penser à l’avenir et s’engager pour la réconciliation des deux peuples.

Tisser des amitiés internationales

Les atrocités de la guerre ont profondément marqué la première moitié du XXème. Aujourd’hui encore elles résonnent dans nos mémoires. L’amitié franco-allemande revêt dans ce contexte une dimension tout à fait particulière. Ainsi, le 29 mai dernier, François Hollande et Angela Merkel étaient réunis à Verdun pour honorer les victimes de la bataille de Verdun et les scouts allemands y étaient invités pour déposer les gerbes. Aujourd’hui, le monde reste menacé par des conflits internationaux qui se complexifient ou se multiplient. La tentation du repli sur soi est perceptible au sein des communautés et des peuples. Le scoutisme veut être optimiste pour l’avenir et continue d’encourager la rencontre de l’autre qu’elle soit entre scouts et guides ou avec des publics extérieurs (célébrations de journées mondiales, opérations portes ouvertes, partage de la Lumière de la Paix, aide aux collectes alimentaires des associations, distribution de repas pour les sans-abris, accueil des réfugiés,…).

Les rassemblements scouts, eux, répondent à un besoin de partager des expériences au-delà des frontières géographiques, sociales, culturelles, religieuses. Les succès du dernier jamboree au Japon en août 2015 (pour les 70 ans d’Hiroshima) qui réunissait 30 millions de scouts et guides du monde entier et celui du Roverway qui a eu lieu cet été en France témoignent d’une vive et profonde aspiration des jeunes à vivre ensemble dans la paix.

Pour la première fois depuis 70 ans, le Président de la République française était présent à un rassemblement scout, reconnaissant l’action éducative du scoutisme et l’engagement des scouts et guides pour la solidarité et la paix, toujours actuels dans un temps où violences et rejet de l’autre redeviennent de plus en plus banalisés.

Vous avez décidé d’aller au-delà de vous-même et de vous engager pour une cause qui est celle de la paix, de la solidarité, de la compréhension, et de l’action. L’engagement n’est pas simplement des valeurs que l’on partage. L’engagement, c’est une traduction de ces valeurs en actes.
- Discours de Francois Hollande au Roverway 2016
.

Eduquer à la rencontre de l’autre


Toute la richesse du scoutisme réside dans ce qu’elle apprend à chacun ce qu’il y a de plus précieux à rencontrer l’autre et l’accueillir dans sa différence. Si certains discours publics ou politiques ont tendance à prôner la différence comme une source d’opposition entre les hommes et les communautés, le scoutisme est convaincu qu’elle est un ferment des liens qui nous unissent dans une même fraternité.

Montrer la richesse de la différence

 

Le scoutisme propose à chacun de s’éveiller à la spiritualité ou à la religion. L’accent est mis sur les expériences vécues et leur relecture, invitant chaque individu à découvrir une spiritualité qui soit en accord avec sa culture et ses choix religieux. Il permet des choix spirituels autonomes fondés sur la raison, loin de tout fondamentalisme.

Né à la fin des années 1990, le Forum interreligieux scout mondial a pour objectif de faire travailler ensemble toutes les religions et croyances existantes dans le Scoutisme. Huit groupes religieux sont représentés (protestants, chrétiens orthodoxes, catholiques, juifs, musulmans, bouddhistes et bouddhistes won, mormons) au sein du Forum. Des religions comme l’hindouisme et le sikhisme ont également contribué ponctuellement au travail de ce forum. Ensemble, ces groupes organisent des activités inter-religieuses des rassemblements de scoutisme internationaux, des symposiums inter-religieux pour le scoutisme mondial et travaillent au développement spirituel et religieux du scoutisme.

La proposition « Vis mon camp » de la Fédération du Scoutisme Français s’inscrit dans la volonté de favoriser la rencontre inter-religieuse. Elle fait ainsi se rencontrer des jeunes de spiritualités diverses lors de week-end ou camp organisés par les associations membres (catholique, protestante, juive, musulmane, bouddhiste, laïque) pour partager des manières de faire du scoutisme, des cultures et des religions différentes, parfois inconnues pour certains, autour d’activités communes.

Se donner les moyens de combattre les préjugés

Dans la région des grands lacs d’Afrique, durement touchée par des décennies de conflit, les associations de scoutisme coopèrent dès les années 90 pour dépasser les tensions politiques et agir pour la paix. Construire des ponts entre les hommes qui partagent les mêmes valeurs de fraternité et de paix c’est exactement ce que font 8 associations scoutes (dont le Congo, le Burundi, le Rwanda font partie) de la région des grands lacs pour pallier l’échec de la politique et contribuer à la régulation d’une situation catastrophique. De l’instauration d’un dialogue entre les organisations scoutes de la région aux rassemblements de milliers de personnes unies par le même désir de paix (en 2002 au Burundi et en 2007 au Congo), les organisations mondiales de scoutisme et de guidisme (OMMS et AMGE) définissent en 2005 le projet Amahoro Amani dans lequel les Scouts et Guides de France et d’autres associations membres sont impliquées. Ce projet permet de combattre les préjugés et d’installer une paix durable. 420 médiateurs de la paix, issus des mouvements scouts et guides et du monde associatif, animent localement des clubs de paix, rassemblant chacun une cinquantaine de jeunes. Au total ce sont près de 20 000 jeunes qui participent à cette démarche active de pacification.

Agir concrètement pour la paix


100 ans sont passés et le scoutisme a su insuffler l’espoir de paix qui manquait en certains lieux et certains temps de notre humanité. Aujourd’hui, il poursuit son action protéiforme en faveur de la paix aux échelles locale et internationale, et est reconnu pour sa contribution à faire un monde meilleur.Des pays en conflit et un scoutisme ferment de paix

À l’instar du Congo où il évite aux enfants de devenir des enfants soldats, d’Israël où il permet le dialogue interculturel entre les différentes communautés, du Salvador où il offre une nouvelle vie aux enfants des rues, le scoutisme a démontré son rôle majeur dans les pays en crise, car les jeunes y apprennent qu’il existe des alternatives à la violence qui touche leur pays. En Afghanistan, le scoutisme renait depuis 2010. Comme partout dans le monde, les scouts afghans font des activités collectives mais 30 ans de conflits impliquent aussi de sensibiliser les enfants aux risques du quotidien. Apprendre à identifier des mines fait notamment partie du programme. Quelle que soit la nature de la violence ou de la crise, le scoutisme essaie d’apporter des solutions concrètes et durables et propose un espace de dialogue et de concordance là où les politiques échouent à sortir de la confrontation.

Etre solidaire dans les situations urgentes

 

En Europe, les situations d’urgence (catastrophes naturelles, crise des migrants notamment) nous interpellent et mobilisent les scouts et guides sans hésitation.

A Lesbos, les scouts grecs mènent de nombreuses actions auprès des migrants : aide au débarquement, distribution d’eau et de vivres, animations pour les enfants… ils contribuent également à nettoyer la plage des centaines de gilets de sauvetages abandonnés par les réfugiés comme un témoignage des épreuves qu’ils ont dû traverser avant de gagner la rive.

En France, les Scouts et Guides de France sont aussi mobilisés depuis 2015 pour l’accueil des familles. Des réfugiés ont trouvé l’hospitalité auprès des groupes locaux qui sont allés à leur rencontre avec l’aide des partenaires associatifs. Des groupes ont accueilli des enfants pour faciliter leur intégration et leur faire oublier les épreuves qu’ils ont traversées. A Calais la solidarité y est continuelle. Des équipes de compagnons (17-20ans) se relaient pour animer des activités avec les enfants et servir des repas dans la jungle.


Au printemps dernier, toujours en France, les inondations qui ont duré plusieurs semaines ont nécessité une forte mobilisation. Les scouts de tout âge sont venus en renfort aux pompiers et collectivités pour aménager le gymnase, distribuer des repas, aider les sinistrés isolés ou encore nettoyer. Dans certains cas, ce sont les mairies qui les ont naturellement sollicités. Un signe de reconnaissance de l’action du scoutisme, capable de mobiliser rapidement des ressources pour appuyer les services sanitaires. Trois jours après le séisme qui a ébranlé la région d’Ascoli Piceno, les scouts italiens, appelés par la protection civile, étaient en renfort pour aider les victimes et soutenir la population en août. Nul doute que la solidarité, commune à ces mouvements de scoutisme internationaux, est universelle.