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Fabien, membre de la délégation mondiale du scoutisme à la COP22

IMG 20161111 WA0010Du 7 au 18 novembre 2016 a eu lieu, à Marrakech, la COP22, 22ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Fabien, membre des Scouts et Guides de France, faisait partie de la délégation mondiale du scoutisme (OMMS) qui y était présente. Il répond à nos questions.

[en-tete][titre]Fabien, membre de la délégation mondiale du scoutisme à la COP22[/titre][media image plein-ecran]https://www.sgdf.fr/images/stories/IMG-20161111-WA0010.jpg[/media][/en-tete]

[sous-titre]Que font les scouts à un tel évènement ?[/sous-titre]

En tant que première organisation de jeunesse au monde, forte de son expérience de terrain avec 40 millions de membres pour l'Organisation du Mouvement Scout et 10 millions pour l'Association Mondiale des Guides et Eclaireuses, les scouts sont régulièrement consultés par les instances internationales sur les questions d’éducation, de citoyenneté, mais aussi d’environnement et de climat. A ce titre, les scouts participent en tant qu’organisation observatrice des négociations.

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Cette année, la délégation scoute dont je faisais partie se composait de jeunes des pays suivants : Canada, Afrique du Sud, Malaisie, Egypte et France. Sur place, nous avons rejoint aussi des scouts marocains. Concrètement, nous suivions les négociations entre les Etats, nous participions à des tables rondes et des groupes de travail, nous échangions avec les autres membres de la société civile et nous présentions les vertus de la méthode scoute aux décideurs politiques.

Un travail de représentation donc, mais aussi de plaidoyer, pour porter des thèmes comme l’éducation à l’environnement, la justice climatique, l’équité intergénérationnelle, et la participation des jeunes de manière générale.

[diaporama][media image]https://www.sgdf.fr/images/stories/IMG_20161110_101855.jpg[/media][/diaporama]

[sous-titre]Quels sont les enjeux des négociations cette année ?[/sous-titre]

L’an dernier, à l’issue de la COP21 à Paris, un accord important a été signé par tous les pays, du Nord comme du Sud, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, sans toutefois que les Etats ne précisent de feuille de route. De plus, les engagements pris ne permettront pas de limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici la fin du siècle.

Dans ce contexte, tout l’enjeu de la COP qui se tenait à Marrakech était de préciser les actions à mettre en œuvre et de relever le niveau d’ambition des Etats. Si la COP21 a été celle des décisions, la COP22 est celle de la mise en œuvre et de l’action…Un beau thème pour les scouts, qui n’ont pas attendu les sommets internationaux pour passer à l’action !

[sous-titre]Justement, quelle est la contribution du scoutisme à la lutte contre le dérèglement climatique ?[/sous-titre]

Si nous souhaitons continuer à vivre sur cette planète et réduire les inégalités, il faut revoir profondément nos modes de consommation, de transport, notre alimentation etc. C’est la « sobriété heureuse », qui était au cœur du rassemblement You’re up ! à Strasbourg à l’été 2015

La bonne nouvelle, c’est que les scouts y contribuent depuis plus de 100 ans : en Equateur, ils luttent contre la déforestation ; aux Philippines ils viennent au secours des victimes de catastrophes naturelles ; au Pakistan ils développent des fours solaires ; en France, il est même désormais possible de calculer le « bilan-carbone » de son camp !

Bref, tout le monde peut agir et chaque chef, cheftaine scout, en partant camper avec les jeunes qu’il accompagne, y contribue en quelques sortes déjà à sa manière.

[media image]https://www.sgdf.fr/images/stories/IMG_20161109_132433.jpg[/media]

[sous-titre]Pour finir, quelles sont tes impressions personnelles ?[/sous-titre]

Humm.. A vrai dire, je suis très sceptique sur le processus même des négociations. Ce processus est nécessaire dans la configuration actuelle du monde. Mais à 197 autour de la table, les discussions avancent à vitesse d’escargot et bloquent souvent sur des points minuscules. J’ai souvent envie de dire aux négociateurs « bougez-vous, c’est votre avenir et celui de vos enfants qui est en jeu ! ».

En même temps, je suis toujours impressionné par l’enthousiasme et la force de la société civile mobilisée autour des COP. Il y a de belles initiatives, beaucoup de synergies positives et des mouvements comme celui du désinvestissement dans les énergies fossiles qui font aussi, petit à petit, bouger le politique. Dans cette histoire, chacun, à son niveau, apporte sa goutte d’eau au feu qui embrase la forêt.

Du 7 au 18 novembre 2016 a eu lieu, à Marrakech, la COP22, 22ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique. Fabien, membre des Scouts et Guides de France, faisait partie de la délégation mondiale du scoutisme (OMMS) qui y était présente. Il répond à nos questions.

Fabien, membre de la délégation mondiale du scoutisme à la COP22

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Que font les scouts à un tel évènement ?

En tant que première organisation de jeunesse au monde, forte de son expérience de terrain avec 40 millions de membres pour l'Organisation du Mouvement Scout et 10 millions pour l'Association Mondiale des Guides et Eclaireuses, les scouts sont régulièrement consultés par les instances internationales sur les questions d’éducation, de citoyenneté, mais aussi d’environnement et de climat. A ce titre, les scouts participent en tant qu’organisation observatrice des négociations.

Cette année, la délégation scoute dont je faisais partie se composait de jeunes des pays suivants : Canada, Afrique du Sud, Malaisie, Egypte et France. Sur place, nous avons rejoint aussi des scouts marocains. Concrètement, nous suivions les négociations entre les Etats, nous participions à des tables rondes et des groupes de travail, nous échangions avec les autres membres de la société civile et nous présentions les vertus de la méthode scoute aux décideurs politiques.

Un travail de représentation donc, mais aussi de plaidoyer, pour porter des thèmes comme l’éducation à l’environnement, la justice climatique, l’équité intergénérationnelle, et la participation des jeunes de manière générale.

Quels sont les enjeux des négociations cette année ?

L’an dernier, à l’issue de la COP21 à Paris, un accord important a été signé par tous les pays, du Nord comme du Sud, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, sans toutefois que les Etats ne précisent de feuille de route. De plus, les engagements pris ne permettront pas de limiter le réchauffement climatique à 2°C d’ici la fin du siècle.

Dans ce contexte, tout l’enjeu de la COP qui se tenait à Marrakech était de préciser les actions à mettre en œuvre et de relever le niveau d’ambition des Etats. Si la COP21 a été celle des décisions, la COP22 est celle de la mise en œuvre et de l’action…Un beau thème pour les scouts, qui n’ont pas attendu les sommets internationaux pour passer à l’action !

Justement, quelle est la contribution du scoutisme à la lutte contre le dérèglement climatique ?

Si nous souhaitons continuer à vivre sur cette planète et réduire les inégalités, il faut revoir profondément nos modes de consommation, de transport, notre alimentation etc. C’est la « sobriété heureuse », qui était au cœur du rassemblement You’re up ! à Strasbourg à l’été 2015

La bonne nouvelle, c’est que les scouts y contribuent depuis plus de 100 ans : en Equateur, ils luttent contre la déforestation ; aux Philippines ils viennent au secours des victimes de catastrophes naturelles ; au Pakistan ils développent des fours solaires ; en France, il est même désormais possible de calculer le « bilan-carbone » de son camp !

Bref, tout le monde peut agir et chaque chef, cheftaine scout, en partant camper avec les jeunes qu’il accompagne, y contribue en quelques sortes déjà à sa manière.

Pour finir, quelles sont tes impressions personnelles ?

Humm.. A vrai dire, je suis très sceptique sur le processus même des négociations. Ce processus est nécessaire dans la configuration actuelle du monde. Mais à 197 autour de la table, les discussions avancent à vitesse d’escargot et bloquent souvent sur des points minuscules. J’ai souvent envie de dire aux négociateurs « bougez-vous, c’est votre avenir et celui de vos enfants qui est en jeu ! ».

En même temps, je suis toujours impressionné par l’enthousiasme et la force de la société civile mobilisée autour des COP. Il y a de belles initiatives, beaucoup de synergies positives et des mouvements comme celui du désinvestissement dans les énergies fossiles qui font aussi, petit à petit, bouger le politique. Dans cette histoire, chacun, à son niveau, apporte sa goutte d’eau au feu qui embrase la forêt.