Accès directs |

Une délégation scoute à la COP 23

Du 6 au 17 novembre dernier, la COP 23 a réuni les représentants de plus de 200 pays à Bonn autour de négociations pour faire face au défi du réchauffement climatique. Une délégation de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout était présente, avec des membres des Scouts et Guides de France.

logo_cop23_710-bonn-fidji.jpg

Fabien, chargé de mission pour le service international sur les thématiques Europe et Climat/Environnement et Cyril, ancien chef, ont pu se rendre en Allemagne afin de porter les valeurs du mouvement.

Dans quel cadre vous êtes-vous rendus à la COP 23?

L’OMMS possède un statut consultatif auprès de l’ONU et peut, à ce titre, envoyer des « observateurs » des négociations internationales. Notre délégation était composée de scouts français, allemands et Fidjiens (Les îles Fidji avaient la présidence de la COP23). A côté des Etats qui négocient sur l’avenir de la planète, la société civile est présente pour que sa voix puisse être elle aussi entendue.

Quels étaient vos objectifs ?

Il s’agissait de montrer que les scouts sont impliqués et agissent sur les thématiques liées à la COP23, en éduquant les jeunes par la méthode scoute, qui les amène à agir pour la préservation de l’environnement. Nous étions aussi là pour porter la voix de la jeunesse, et en particulier celle des scouts et guides, pour mettre en avant l’importance de l’éducation dans la lutte contre le réchauffement climatique. Enfin, nous voulions jouer notre rôle d’observateurs, pour suivre les enjeux discutés lors du sommet et en faire part aux adhérents du mouvement.

Cyril: A titre personnel, je souhaitais voir comment se passaient les négociations “là-haut”. Les décisions qui sont prises lors des COP ont des conséquences sur notre vie de tous les jours ! C’était aussi une bonne occasion de rencontrer des scouts d’autres pays, et des membres d’autres mouvements de jeunesse, et d’échanger avec eux sur nos engagements respectifs. 

Pouvez-vous nous décrire un peu ce que vous avez vécu là-bas ?

Tous les matins, nous nous réunissions avec des jeunes de tous les pays pour faire le point et avancer avec différents groupes de travail. Nous avons particulièrement suivi le groupe qui travaillait sur les questions d’éducation. Ensuite, nous construisions le programme de notre journée: au cours de la semaine, nous avons participé à des tables rondes pour y parler de nos actions pour éduquer les jeunes au changement climatique, suivi des conférences données par des jeunes, par d’autres associations, et même par Al Gore, ancien candidat à l’élection présidentielle aux Etats-Unis. Nous avons aussi assisté à quelques séances de négociation, avec les représentants des Etats. Le soir, nous dormions dans une auberge de jeunesse avec une centaine de jeunes, un moment important pour créer des liens!

Et quelle a été votre place en tant que représentants du mouvement scout ?

Les scouts sont le plus important mouvement de jeunesse au monde. A ce titre il est donc logique que nous soyons impliqués dans les négociations qui concernent l’avenir de notre planète et les « générations futures ». Les scouts font aussi au quotidien l’expérience du service communautaire, de la spiritualité, de la solidarité et de la protection de la nature. Nous sommes donc légitimes à nous exprimer sur le thème du changement climatique, qui touche toutes les dimensions de notre existence.

Quels pourraient être les impacts d’un tel événement sur le scoutisme en France ?

Il est symboliquement important pour les guides et scouts d’être présents dans ces arènes internationales de négociation. La devise du développement durable « penser global, agir local » entre en résonnance avec le principe d’action du scoutisme. Au-delà, nous devons enclencher une réflexion interne sur notre impact écologique et notre contribution à la protection de l’environnement. L’éducation à l’environnement et au développement durable est, plus que jamais, appelée à être au cœur de nos missions dans les années à venir.

Comment chacun, en tant que scout et guide de France, peut-il s’engager et agir sur cette thématique ?

Il s’agit de sensibiliser et de continuer à montrer les bienfaits en termes de bonheur, de collectif, de partage, d’accomplissement de soi que procure le respect de son environnement. Implicitement, à travers le jeu, la vie dans la nature, le scoutisme forme des citoyennes et citoyens conscients et engagés face aux défis du changement climatique. A chacun ensuite, dans sa vie de tous les jours, d’agir en cohérence et d’essayer à son échelle de provoquer un changement plus global.

Quelles suites pour la COP 24 qui aura lieu en Pologne ?

Si la COP23 à Bonn a permis de préciser les modalités de mise en œuvre de l’Accord de Paris (COP 21), celle de l’an prochain est vue comme un véritable point de non-retour. En effet, si à cette date les Etats ne s’engagent pas sur des objectifs plus ambitieux en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, il est très probable que nous n’atteignons pas l’objectif de limiter à 2°C le réchauffement planétaire d’ici la fin du siècle. Plus que jamais en Pologne, il nous faudra donc exiger des Etats qu’ils prennent leurs responsabilités !