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La Lumière de la Paix éclaire les barreaux de la prison : “un détenu m’a demandé pourquoi nous prenions le temps de venir les voir”

Sophie LDP

Chaque année, des membres du groupe de Grasse passent un temps en prison pour transmettre la Lumière de la Paix aux détenus. Cette célébration a lieu à l’occasion d’une messe de Noël anticipée, préparée par l’aumônier de la prison et célébrée par Monseigneur André, évêque de Grasse. Sophie, compagnon, a participé à cette célébration pour la première fois cette année.

Le 17 décembre, Sophie s’est rendue, avec d’autres adultes volontaires de son groupe, à la maison d’arrêt. La jeune fille a alors découvert la prison, de l’intérieur. « C’est un lieu froid, sans fenêtres, avec de nombreux contrôles ». Le petit groupe se retrouve bientôt assis au milieu d’une petite centaine de détenus.
D’abord déstabilisée par l’absence de surveillants pénitentiaires, Sophie réalise rapidement à quel point leur simple présence est réconfortante pour ces hommes. « Je pensais qu’il y aurait une séparation entre les détenus et nous, mais j’ai compris que c’est important pour eux que nous soyons parmi eux, et pas à l’écart ».

Pendant la messe, l’attitude dissipée et enfantine de certains membres de l’assistance contraste avec des réflexions profondes d’autres prisonniers, notamment sur le thème du pardon pendant l’homélie.
« Au cours de la célébration, quatre détenus ont lu des textes préparés avec l’aumônerie. Ils expliquaient ce que représente Noël pour eux et comment ils vivent leur foi en prison. Alors que l’un d’entre eux avait la parole, un détenu assis derrière moi a commenté : “Comment peut-on pardonner à un pédophile comme lui ? Nous, nous ne sommes que des voleurs !” »

A la fin de la célébration, les détenus n’ont pas le droit de ramener de bougie dans leur cellule. « A la place de la lumière, les détenus repartent comme chaque année avec des cartes de vœux réalisées par les jeunes de mon groupe scout et des chocolats de la part de l’aumônerie ».
Pendant ce court échange, certains en profitent pour remercier les volontaires et expriment leur joie de voir des « gens de l’extérieur ». D’autres sont surpris de leur présence, car ils estiment ne pas mériter un tel geste. « Un des détenus m’a demandé pourquoi nous prenions le temps de venir les voir. Il m’a dit qu’il ne pensait pas le mériter ».
Ces hommes témoignent aussi de leur solitude quotidienne, qui s’accentue pendant la période de Noël. Cette messe est le seul événement organisé au sein de la maison d’arrêt.

C’est un moyen de se sentir moins seul, même si leurs proches ne peuvent pas y participer. « On m’a expliqué que la première année et le premier Noël en prison sont souvent le plus difficile car les détenus se sentent seuls. Ils s’isolent des autres, se concentrent sur eux-mêmes. Mais avec le temps, une certaine fraternité se développe entre eux ».
Après quelques heures au sein de la maison d’arrêt, Sophie, ressort marquée de cette expérience. « Ces rencontres ont changé mon regard sur les détenus, ils sont finalement comme nous, ils ont autant besoin de fraternité et de contacts humains ».

Cette remise de la Lumière de la Paix en prison a permis à Sophie de donner un autre sens à Noël, de vivre cette fête de manière plus profonde.
Elle pense déjà à retourner à la maison d’arrêt de Grasse à l’occasion de la messe des Rameaux, un autre rendez-vous annuel du groupe scout Saint Louis.