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Delphine, intendante durable

Delphine intendante durableLutter contre le gaspillage alimentaire, favoriser une consommation et une production responsables font partie des Objectifs de Développement Durable qui sont aujourd’hui intégrés l’agenda des Scouts et Guides de France. Parmi les nombreuses actions menées, le camp accompagné de Saint-Julien-les-Martigues, a décidé l’été dernier de relever le défi d’être entièrement durable. Douches, assiettes, déchets : rien n’est laissé au hasard, sous l’œil attentif de Delphine, l’intendante.

Mercredi, c’est menu marin pour le camp de Saint-Julien-les-Martigues, l’une des bases de Nature Environnement, qui accueille des pionniers et caravelles (jeunes de 14 à 17 ans) venus participer à la surveillance des Feux de forêt. Mais ce ne sera pas n’importe quelle espèce ! Delphine, responsable de l’intendance y veille : ce sera de la seiche, un pur produit local pêché en Méditerranée et qui arrive directement sur le port de Sausset-les-Pins, à quelques kilomètres du lieu de camp.

Pendant l’année, l’équipe de direction a proposé le projet d’un camp durable aux chefs. « Tous étaient hyper partants ! Mais la consommation raisonnée en viande a un peu fait râler au début quand même » explique Delphine. Sur le camp, on ne mange de la viande qu’une fois par jour, et les fruits et légumes sont tous issus d’exploitations locales. Quelques semaines avant le départ, Delphine a appelé plusieurs producteurs situés à proximité du lieu : l’enjeu est de taille, il faut nourrir 90 personnes pendant deux semaines ! Et tous n’ont pas la capacité de le faire. Mais l’un d’eux, voisin de quelques kilomètres, a finalement accepté. « Ce sont ses fruits et légumes, qu’il cultive et qu’il vend directement aux consommateurs. Pour les produits qu’il n’a pas, il se fournit chez d’autres producteurs du coin. Il nous livre deux fois par semaine, et on modifie les menus en fonction de sa production ».

Une alimentation durable et locale, ça signifie aussi que tout est fait maison, et donc, nécessite plus de cuisine. « Dès le premier soir, on a mis les jeunes et les chefs dans le bain en cuisinant pour eux : des pâtes à la bolognaise entièrement faites maison ! Après, ça a été à eux de jouer » raconte l’intendante. « Ça les a un peu surpris au début de découvrir que la salade de fruits n’était pas dans une conserve ou un bocal, mais faite à partir de vrais fruits qu’il fallait préparer ».
Mais les chefs et les jeunes ne sont pas forcément tous habitués des fourneaux, et ont besoin d’un peu d’aide… « On a donné à chaque unité un petit carnet avec des propositions de recettes. Rapidement, les caravanes ont pris gout au fait maison et maintenant, ce sont elles qui nous proposent des choses pour améliorer les recettes ! »

L’équipe de direction aurait pu faire le choix de faire ses courses au supermarché, situé à moins de deux kilomètres du camp mais consommer local est aussi une démarche citoyenne. « Acheter des fruits et légumes pour 90 personnes pendant 15 jours, ça permet de faire vivre un petit producteur plutôt que d’enrichir encore un supermarché » explique Lucas, directeur du camp accompagné. « C’est pareil pour la boulangerie, près de 100 personnes qui mangent du pain tous les jours, ça fait vivre un artisan. Et ce n’est pas une question de moyens, on achète tout ça avec 6 euros par jour et par personne »

Manger local, de saison, en respectant le budget semble donc possible. « Si tous les camps accompagnés se lançaient dans la même démarche, les camps seraient bien plus durables, citoyens et formateurs pour les jeunes » conclut Lucas. Pari lancé pour l’été prochain ?

 

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