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Allemagne, Finlande, France, Portugal, un scoutisme européen

L’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale est l’une des priorités du projet éducatif des Scouts et Guides de France. L’association invite et encourage les jeunes à aller à la rencontre de l’autre pour grandir, s’enrichir des différences et élargir ses horizons. Elle permet ainsi à des jeunes Français de poursuivre leur engagement scout lorsqu’ils sont dans d’autres pays européens, et aux scouts européens à s’engager dans ses groupes et unités. A l’occasion de la Journée de l’Europe, le 9 mai, trois cheftaines témoignent de la richesse que leur a apportée cette expérience européenne.

 

Photo RomaldinaRomaldina, « l’uniforme portugais n’est pas aussi coloré, mais la vocation du scoutisme reste la même en France comme au Portugal »

En 1994, Romaldina, cheftaine portugaise, se présente au siège de l'Association des Guides de France. C’est le point de départ de son aventure qui se poursuit aujourd’hui au sein des Scouts et Guides de France.

Pourquoi as-tu voulu t’engager dans le scoutisme en France ? Et pourquoi devenir cheftaine?
Je suis partie du Portugal pour venir vivre en France quelques années. Finalement, je ne suis jamais revenue dans mon pays d’origine, même si j’y retourne souvent. Pour moi, la grande aventure scoute a débuté il y a presque 40 ans : j’ai découvert ce mouvement grâce au catéchisme dans mon enfance et je n’ai jamais arrêté mon engagement. J’ai tellement aimé être guide au Portugal que cela me paraissait évident de continuer en France et d’y devenir guide, puis cheftaine.
Pour moi, tout le monde devrait vivre cette aventure extraordinaire au moins une fois dans sa vie ! Aujourd'hui, je suis fière de porter le foulard du groupe de de Notre-Dame d'Auteuil (Paris XVIème). J’ai prononcé mon engagement de responsable le 14 janvier dernier et je ne pense pas m'arrêter en si bon chemin.
     
Quelle a été ta première émotion quand tu es arrivée dans un groupe scout en France ?
Ma première émotion… une grande joie ! Celle de rencontrer une nouvelle grande famille scoute avec qui partager et vivre des moments forts de scoutisme. Ce qui m’a particulièrement marquée cette année, c’est que le scoutisme m’a permis de m’accepter comme je suis, de découvrir une autre culture et de pouvoir échanger et m’enrichir grâce aux expériences de ceux et celles que j’ai rencontrées.
     
Quelles sont les principales différences et similitudes avec les scouts dans ton pays ?
Le mode de fonctionnement est différent du nôtre et l’uniforme portugais n’est pas aussi coloré. Mais le plus important, c’est que la première mission du scoutisme est identique dans les deux pays : accompagner les jeunes dans leur développement social, affectif et spirituel, dans le respect de chacun et chacune.

Est-ce que tu es toujours scoute aujourd’hui au Portugal?
Je reviens chaque été là-bas, ce qui me permet aujourd'hui d’être une collaboratrice active du mouvement scout portugais. Dans cette mission, j’explique et je transmets ma connaissance du système du scoutisme et guidisme français à ma commissaire, pour que nos pratiques nous inspirent mutuellement.



Photo 2 JeanneJeanne, « En Allemagne, il y a une ambiance de groupe très différente, quasiment aucun chef n'est étudiant »

Motivée par ses cousines, Jeanne débute le scoutisme à 8 ans. En 2017, elle part un an en Allemagne pour ses études. Et puisqu’elle n’arrive pas se résoudre à arrêter le scoutisme, elle devient cheftaine en Allemagne.

Pourquoi as-tu voulu t'engager dans le scoutisme en Allemagne ?
Je suis partie à Potsdam, une ville proche de Berlin, dans le cadre de mes études. J’étais engagée en tant que cheftaine en France depuis 3 ans, et je me voyais mal ne plus faire de scoutisme pendant une année entière ! C’était trop compliqué de rester dans mon groupe d’origine avec autant de distance, et j’ai donc saisi l’opportunité découvrir le scoutisme allemand. Je suis aujourd’hui scoute à la DFSG Pfand Sanssouci à Potsdam.
C’est une expérience qu’il faut vivre, ne pas avoir peur de se lancer ! Je pensais que la barrière de la langue serait un obstacle, un frein. Mais ça n’a pas été le cas pour moi. J’ai rapidement appris quelques mots spécifiques au scoutisme allemand.

Quelle a été ta première réaction quand tu es arrivée dans le groupe scout local?
Il y a une ambiance de groupe très différente de la France, car quasiment aucun chef n'est étudiant ! La plupart des chefs et cheftaines ont au moins 50 ans, ce qui n'est vraiment pas commun aux SGDF, où c'est plutôt l'âge des responsables de groupe. Même s’il y a une proximité avec les jeunes, on retrouve un peu moins ce lien "adulte - grand-frère - grande-sœur bienveillant" que chez nous. De mon côté, étant encore étudiante, je suis dans l'entre-deux, entre les chefs et les jeunes.

Quelles sont les principales différences entre scouts allemands et français ?
L'organisation est aussi différente : les scouts allemands se réunissent deux heures toutes les semaines, mais ne connaissent pas les sorties une fois par mois qui durent tout un dimanche, ni les week-ends campés l'hiver. Cette différence s’explique en partie par le climat : là-bas, de novembre à février, les températures ne sont jamais douces et il fait nuit à 15h45. Pour l’instant, nous n'avons fait qu'une seule activité extérieure : un jeu de piste dans la forêt par moins 5 degrés. Malgré le froid, j’en ai gardé de très bons souvenirs : c'est à ce moment-là que j'ai retrouvé l'ambiance scoute que je connaissais en France !

Qu’est ce qui t’a le plus marquée pendant ton année de scoutisme en Allemagne ?
Le groupe qui m’a accueillie a été marqué par l’histoire. Il faut savoir que Potsdam était en République Démocratique Allemande, occupée par les Soviétiques jusqu'à la réunification de l'Allemagne en 1990. Les scouts y étaient interdits. Ce groupe dans lequel je suis, le seul de Potsdam, n'a que six ans d’existence et symbolise le retour du scoutisme sur un territoire où il avait disparu pour des raisons politiques. J'ai eu également l'impression que les scouts ont une réputation, ici, plus "militaire" qu'en France.
De manière générale, cette année m’a permis de découvrir toute la richesse du scoutisme et les différentes façons de le vivre. Quand je serais de retour en France, j’aimerais mettre en place une correspondance entre les scouts des deux pays.




Photo PauliinaPauliina, « C’est la meilleure façon de se faire des amis dans le pays d’accueil avec qui je partage les mêmes valeurs »

En 2017, Pauliina quitte sa Finlande natale pour venir en France. Elle a décidé de continuer son engagement dans le scoutisme en tant que cheftaine.

Pourquoi as-tu voulu t’engager dans le scoutisme en France ? Pourquoi être cheftaine ?
Je suis venue en France pour être fille au pair et approfondir mon français. A mon arrivée, je ne connaissais personne. J’ai voulu rencontrer du monde, me faire des amis et je me suis dit que le scoutisme serait parfait pour ça. J’étais déjà cheftaine en Finlande, ça me paraissait naturel de continuer ici ! Et je n’ai aucun regret, je recommanderai à d’autres de tenter cette expérience sans hésiter ! C’est la meilleure façon d’avoir des amis ici avec qui je partage les mêmes valeurs.

Quelle a été ta première réaction quand tu es arrivée ?
J’étais très contente car tout le monde était enthousiaste d’accueillir une Finlandaise dans son groupe. J’avoue que j’étais également très nerveuse et confuse, car je ne parlais pas encore français.

Quelles sont les principales différences et similitudes entre les deux pays?
En France, les scouts et guides portent toujours leur chemise et leur foulard alors qu’en Finlande, la chemise est portée seulement lors des évènements. Les réunions dans mon pays ont lieu toutes les semaines, tandis qu’ici, elles ont lieu une fois par mois. Même si les activités sont assez similaires, nous avons chez nous des « compétitions d’habilités » qu’on appelle « scout skill competition ».

Qu’est ce qui t’a le plus marqué dans ton année scoute en France ?
Les soirées autour du feu de camp ! Particulièrement ma première soirée avec le groupe : les flammes qui montent, les gens qui m’ont souri, les étoiles et les chants scouts… c’était parfait ! Tout le monde essayait de communiquer avec moi, il n’y avait aucune réelle barrière même si je ne comprenais pas bien le français et qu’ils essayaient de baragouiner en anglais. Je garderai en mémoire la gentillesse générale : chaque personne prenait toujours le temps de m’expliquer les choses, et tout le monde m’a aidé avec le sourire !

Est-ce que tu es toujours scoute aujourd’hui dans ton pays ?
Je suis toujours inscrite dans mon groupe finlandais mais je ne suis plus cheftaine en raison de mes études. Je vais bien sûr essayer de refaire des jeux que j’ai appris en France. J’aimerais beaucoup refaire des feux de camp, avec des chants scouts et une guitare : ce sont des valeurs sûres pour passer un bon moment !