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Alexis : “L’éducation par le jeu chez les scouts teinte ma façon d’enseigner”

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Le 5 décembre est marqué par la journée mondiale du bénévolat. Chez les Scouts et Guides de France, ce sont plus de 25 000 bénévoles qui s’engagent au service de l’éducation. Ils sont accompagnateur pédagogique, chef, cheftaine, chargée de mission dans le mouvement, et enseignant, boulanger, cheffe de chantier dans leur vie professionnelle. Portrait.

Alexis a 25 ans. Après avoir été chef au sein du groupe Le Petit Prince dans les Yvelines, il a pris différentes missions au sein des SGDF : correspondant de branche Scouts et Guides, chargé de mission pour l’évènement Connecte et formateur BAFA. Une vie associative bien remplie ! Ces missions ne l’empêchent pas pour autant de préparer une thèse en anthropologie depuis deux ans à l’Université de Nanterre.

Comment associes-­tu vie professionnelle et associative dans ton quotidien ?

Ce n'est pas toujours évident, et les nuits parfois ont été courtes. Néanmoins, en tant que doctorant, j'ai la chance d'avoir un emploi du temps que j’organise en partie moi-même. Je peux choisir de me rendre disponible sans être trop contraint par des rythmes extérieurs que je ne maîtrise pas.

Je travaille souvent avec un document texte ouvert sur mon ordinateur, et quand des choses dont je dois m'occuper pour les SGDF me (re)viennent en tête, je les note. Cela me permet de ne plus y penser. Je peux y revenir ensuite. Au­-delà de cette gestion du quotidien, c'est évidemment une question d'organisation de l'agenda où l'on évite de faire concorder des évènements importants de la vie associative et de la vie professionnelle.

Qu’est-ce que les scouts t’apportent dans ta vie professionnelle ?

De manière très pratique, j'ai appris à faire des feux ou à camper en extérieur ! J’ai bénéficié de mon expérience de camps lors de plusieurs projets, notamment au Népal.

En formation, j'ai eu l'occasion de parler devant des groupes en vue d'organiser des activités ou de transmettre un contenu. Cette compétence m’est utile lors des travaux dirigés que je dois organiser à la faculté. Au cours des formations, il y a l’idée de l’éducation par le jeu, et je pense que cela enrichit ma façon d’enseigner.

Nous apprenons à réagir parfois dans l’urgence dans le cas de nos missions aux SGDF. A mon sens, cette capacité à se débrouiller et à faire face est précieuse.

Quel est l’impact de ton métier sur ta mission chez les scouts ?

Les expériences que j'ai vécues au cours de ce travail de thèse ont conforté ou m'ont sensibilisé à de nouvelles idées. Je suis beaucoup plus sensible à l'écriture et à la parole inclusive, et je tente de les appliquer pendant les formations auxquelles je participe. Il en va de même pour la recherche de démocratie qui fonde toutes les pratiques des SGDF à laquelle j'ai été plus attentif dernièrement.

Je pense que mes expériences en dehors des scouts m'ont permis d'apporter un regard critique, au sens d'un regard qui questionne, sur les pratiques des Scouts et Guides de France. Ce regard me semble être une force primordiale, puisque c'est lui qui permet de mettre en question nos pratiques, pour les affiner et les enrichir.

As-tu senti ta mission scoute évoluer au fur et à mesure de ton évolution professionnelle ?

Ce qui est certain, c'est que je me suis adressé à un public de plus en plus âgé au fur et à mesure que le temps passait : des scouts-guides aux pionniers-caravelles jusqu'aux chef­s, stagiaires ou étudiant­­s avec lesquel­le­s je travaille dernièrement.