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De Strasbourg à Marseille, la Lumière de la paix éclaire les rencontres

ldpparisChaque année, les Scouts et Guides de France et les Eclaireurs et Eclaireuses de France organisent la transmission de la Lumière de la Paix de Bethléem. Allumé dans la grotte de la nativité, ce symbole de fraternité est rapporté en Autriche, puis transmis de main en main partout en Europe.

Retour sur trois expériences fortes de partage vécues cette année et tournées vers la rencontre.


A Strasbourg, le groupe Baden Power du Neuhof s’est saisi du symbole de la Lumière pour mieux porter le dialogue inter-religieux au cœur de la capitale alsacienne, touchée par les événements du 11 décembre.

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Les festivités ont débuté dès huit heures du matin pour les Scouts-Guides, venus à l’église protestante Saint Paul pour la célébration œcuménique organisée autour de l’arrivée de la lumière dans la cité alsacienne. Chaque année, les jeunes de ce groupe de la banlieue strasbourgeoise portent ce symbole de paix et de partage dans le quartier où ils ont grandi, riche de la présence de différentes confessions.

Au Neuhof, le dialogue entre les religions est une habitude bien ancrée, une façon de vivre ensemble au quotidien. Cette année, les évènements tragiques du 11 décembre ont profondément marqué le quartier, alors y porter la Lumière de la Paix, c’est tout un symbole !

Après avoir partagé la lumière à l’Eglise du Neuhof, direction la mosquée. Les Scouts et Guides de France de Baden Power y ont retrouvé les Scouts Musulmans de France. La journée a été rythmée par des temps d’échanges autour de la place fondamentale de la paix, de la lumière et de l’amour dans les religions catholique et musulmane.

Ces discussions, enrichies par des réflexions vives et profondes de la part des jeunes, ont reçu le double éclairage de l’aumônier territorial des Scouts et Guides de France et de l’Imam de la mosquée du Neuhof. Extraits choisis.

« Cette journée a un sens très important : elle symbolise la paix et la lumière, qui s’opposent à l’obscurantisme. Lorsqu’on est dans la lumière, on est devant un paysage éclairé et on peut distinguer les choses, juger et témoigner de manière juste. Alors que lorsqu’on est dans les ténèbres et l’obscurantisme, notre jugement n’est pas juste et on commet des erreurs.

La lumière de la foi nous pousse à nous demander comment éclairer notre pensée et, pour cela, il faut utiliser sa raison, qui reste le meilleur chemin pour trouver le bonheur. En gardant à l’esprit que quelqu’un qui est raisonnable, ce n’est pas quelqu’un supérieurement intelligent, c’est avant tout une personne juste. » Farid, Imam.

« Ce qui nous unit, c’est l’échange, comme celui que nous avons en ce moment. Et c’est plein d’autres choses, qui peuvent unir les gens dans la vie. Tout à l’heure, quand nous étions au cimetière, musulmans ou chrétiens, personne ne se connaissait mais nous étions unis autour des monuments des victimes de l’attentat. C’était un moment fort. » Yatoub, scout.

« En français, le mot amour peut prendre différentes facettes, comme la tendresse, la bonté, la générosité, le partage ou encore le pardon et l’amitié. Et il s’incarne dans des exemples très concrets : dans notre région, les Français et les Allemands se sont souvent fait la guerre dans l’histoire.

Et pourtant, aujourd’hui, on vit ensemble, on apprend la langue de l’autre, on partage beaucoup des choses et ça illustre bien la puissance de cette forme du pardon qui construit la paix et l’amitié, même après des siècles de conflit qu’on pensait impossible à éteindre. » Jean-Claude, aumônier.

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A Marseille, 360 jeunes Eclaireurs et Eclaireuses Unionistes et Scouts et Guides de France se sont réunis pour devenir des ambassadeurs de la paix auprès des habitants du quartier.

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La journée a débuté par des temps consacrés à la découverte de messagers emblématiques de paix et de leurs messages de fraternité : Mère Thérèsa, Martin Luther King, Malala Yousafzai...

Les jeunes sont ensuite sortis à la rencontre des passants pour leur transmettre des messages de paix, avant de recevoir le témoignage de différentes associations œuvrant pour un monde plus fraternel, comme le CCFD Terre Solidaire ou l’association Lazare, qui anime et développe des appartements partagés habités par des personnes qui ont vécu à la rue.

Plusieurs rencontres ont particulièrement marqué les esprits : « j’ai beaucoup aimé aller voir les gens dans la rue » explique Anaïs. « On nous a dit plein belles phrases sur la paix, comme celles d’un visiteur de prison dont je me souviens bien. Il nous expliquait que tout le monde a le droit à l'écoute, qu’un acte condamnable ne définit pas la personne en profondeur et qu'il ne fallait pas oublier cette population, qui est très en retrait de la société. Même si la démarche n'était pas évidente pour lui, le don de son temps lui faisait vivre des rencontres absolument improbables avec des profils très différents, mais tous uniques. »

La journée s’est poursuivie par des jeux coopératifs avant un départ pour la Cathédrale de La Major et les retrouvailles avec 700 autres scouts et guides du Scoutisme Français. Réunissant ces représentants des confessions catholiques, juive, protestante et musulmane, la célébration a rappelé comment jeunesse pouvait agir pour être artisan de paix. Elle s’est clôturée par la lecture d’une prière pour les victimes de la rue d’Aubagne, qui avait profondément marquées la ville quelques semaines plus tôt.

L’orchestre extérieur et le brasero installé sur le parvis ont accompagné le partage de la Lumière aux passants comme aux 1000 scouts et guides présents. Chacun est reparti avec la mission de partager cette flamme au plus grand nombre.

A Bussy-Saint-Georges, sur l’Esplanade des religions, la lumière diffusée par le groupe Louis Guilbert de Bussy Saint Georges a éclairé les lieux de cultes de 7 confessions différentes, réunies en un même lieu pour favoriser le dialogue et le partage.

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L’ensemble du groupe de Bussy s’est mobilisé pour partager la Lumière aux différentes communautés présentes sur l’esplanade des religions. Unique en Europe, ce lieu rassemble des lieux de culte construits les uns à côté des autres pour faciliter le dialogue entre les croyants de multiples confessions : bouddhistes, catholiques, juifs, hindouistes, musulmans et protestants.

« Les années précédentes, nous avions invité les représentants des autres religions à l’église pour partager la Lumière », explique Anthony, Correspondant Jamboree pour le Territoire de la Seine et Marne. « Mais cette année, nous avons décidé d’aller les rejoindre directement chez eux, dans leur synagogue, leur temple, leur pagode et leur mosquée. Cette journée a été riche en rencontres et en moment forts, nous avons été très bien accueillis ! »

Ramenée du Temple du Saint-Esprit par deux Scouts-Guides, la lumière a été reçue par le groupe lors d’une messe le matin du 16 décembre. Chaque branche a ensuite préparé à sa manière le partage de la Lumière auprès des autres communautés, en écrivant et dessinant des cartes et messages pour rappeler l’importance de la rencontre et de la paix au sein du scoutisme.

Partis en petits groupes transmettre la lumière à chacune des communautés, les jeunes se sont ensuite retrouvés pour partager leurs rencontres, et transmettre les messages et symboles de paix qu’ils avaient reçus en échange: des olives symboles du rameau d’olivier, offertes par la communauté juive, aux œuvres d’art bouddhistes, symboles de la paix, en passant par le chapelet hindouiste.

« Tous les jeunes ont trouvé cette journée super, ils ont vécu de belles rencontres et l’accueil qu’ils ont reçu a balayé leurs appréhensions du début. Claude Windish, président de la communauté juive et de l’association de l’Esplanade, a insisté pour qu’on revienne sans attendre la prochaine Lumière de la paix pour les vivre à nouveau. »