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Solidaires de nos aînés

Juliette Poyet 2 Interview site SGDF copieLes personnes âgées sont particulièrement vulnérables et isolées dans le contexte de la crise sanitaire. Partout en France, les engagements et les initiatives solidaires ont fleuri pour aider nos ainés et leurs établissements d’accueil à passer cette période difficile. Aperçu.

 

 

 

Anne, cheftaine mousse à Jacques Cassard à Nantes, s’est engagée dans un Ehpad à Nantes

Anne ehpad« Rendre service a toujours été une des valeurs que je porte dans mon quotidien. Dès le début de la crise du Covid-19, une ancienne responsable de groupe du territoire a lancé un appel sur les réseaux sociaux. Je ne me suis même pas posé la question et j’ai postulé : j’aurais de toute façon cherché quoi faire pour rendre service. Nous sommes trois de ma classe de sages-femmes à nous être engagées en Ehpad, en tant qu’Agent de Service Hospitalier, dont une autre scoute. Pourtant, ce public n’est pas du tout celui auquel je me destinais ! Mais grâce à cette mission, aujourd’hui, je suis au plus près des personnes âgées.

Dans mon unité, nous sommes deux aides-soignantes le matin pour 27 résidents pour assurer le lever et la toilette, servir les repas et aider les moins autonomes à manger, débarrasser, distribuer les médicaments… En début d’après-midi, quand l’équipe est plus nombreuse, on prend le temps de faire de petits soins esthétiques, puisqu’il n’y a plus ni pédicure ni esthéticienne en ce moment à cause du coronavirus. On peut aussi sortir les pensionnaires à tour de rôle pour un tour dans le parc, discuter quelques minutes…

Avec ce programme chargé, cela laisse peu de temps pour communiquer avec chacun. Le plus difficile, c’est de ne pas toujours pouvoir comprendre les besoins des résidents. On doit parfois interpréter pour comprendre ce qui ne va pas. Certains tiennent des discours incohérents, il y a aussi ceux qui veulent partir ou qui réclament leur famille… Mais leur reconnaissance est une vraie récompense. Certains mots ou certains gestes me touchent beaucoup, comme la joie et le sourire d’une résidente à qui j’ai pu proposer de sortir dans le parc et qui me demande « si on sortait juste toutes les deux, toi et moi » ? C’est dur de penser qu’avec nos masques, ils ne voient pas nos sourires. Mais c’est indispensable pour les protéger, et ces masques ont été en partie obtenus grâce à des dons du réseau scout ! »

 

Juliette, cheftaine pionnier-caravelle à Paris 5 St Médard, s’est engagée dans un Ehpad à Lyon

Juliette Poyet Interview site SGDF 1« Dès le début du confinement, j’ai voulu trouver une occupation. J’étais alors en alternance dans le cadre d’un master en marketing et le confinement m’a contrainte au chômage technique. Comme je suis jeune et que je ne risque pas grand-chose, autant que j’aide ! Je savais que les Ehpad cherchaient du monde, j’ai donc déposé mon CV dans un établissement qui se trouve à dix minutes de chez moi. J’ai été prise et l’aide que j’apporte ne nécessite pas de compétences médicales. 

Il n’y avait pas assez de personnel pour aider les personnes âgées à manger, je distribue donc des repas tous les jours de 17h à 20h. Je m’y rends aussi pour des journées spéciales comme Pâques où l’on accompagnait un par un les résidents qui le souhaitaient à aller prier dans la chapelle. Chaque soir, je fais le tour des chambres pour m’assurer que les résidents mangent bien. C’est aussi une présence pour eux : on parle et ça les stimule, car ils n’ont plus de visites de leurs familles. En dehors du personnel médical, les quatre bénévoles arrivés pendant le confinement sont leur seul contact avec des personnes de l’extérieur. Heureusement, beaucoup reçoivent des appels de leurs proches et du courrier des gens du quartier. Ils ne les connaissent pas mais ça leur fait vraiment plaisir !

Beaucoup me disent que c’est dur pour eux de ne pas voir leurs familles. J’ai remarqué que plusieurs personnes âgées avaient des photos sur leurs murs. Un jour, j’apportais le repas à une dame, et, sur ces photos se trouvait l’une de mes amies. C’était amusant de lui dire que je connaissais sa petite fille. Je me dis qu’il faut vraiment prendre soins de nos grands-parents et en profiter au maximum. J’ai de la chance, les miens vont bien. Les personnes âgées ont besoin de leurs familles, c’est important de leur envoyer des lettres, de les appeler. »

 

Antoine, compagnon à Ste Jeanne d'Arc de Montigny-lès-Metz et chef scouts-guides à Jean Vandamme de Tourcoing, s’est engagé dans un Ehpad à Metz

Antoine Morel 2« Actuellement étudiant en carrières sociales à Tourcoing je suis revenu chez mes parents à Metz pour ne pas être tout seul dans le Nord. Dès le début du confinement, j’ai regardé les différentes initiatives proposées pour aider les soignants, les personnes âgées... Finalement, j'ai reçu un mail du département de la Moselle qui appelait des bénévoles pour venir assister les Ehpads et les maisons de l'enfance. J'ai candidaté et j'ai été retenu pour aider dans un Ehpad à Metz.

Depuis mi-avril, j'interviens deux jours semaines dans l’établissement et je m'occupe avec deux salariés de l'animation sociale. Pour beaucoup de résidents, le confinement et le repas dans les chambres, la fin des activités en groupe, l'interdiction des visites est très difficile à supporter. Beaucoup ont du mal à comprendre ce qui se passe, sont désorientés, en perte de repères...

Mes missions consistent à passer les voir dans leurs chambres pour entretenir un lien social avec eux grâce à des choses toutes simples mais essentielles comme des discussions, des jeux de société, des chansons... Nous faisons aussi des promenades ensemble dans le parc de l'Ehpad, une activité qui leur fait énormément de bien. Et je m’occupe enfin d’organiser des visio-conférences par skype avec leurs familles, pour qu’ils puissent maintenir le lien avec leurs proches. Depuis fin avril, nous avons commencé petit à petit à organiser les visites des familles, avec des mesures strictes.

Cette mission solidaire m'apporte beaucoup. Elle est l'occasion pour moi de découvrir un public que je ne connaissais que très peu, mais je me suis tout de suite senti très à l'aise avec les personnes âgées. Cette expérience participe à ma formation sociale, et c’est l'occasion de mettre en pratique des valeurs acquises aux scouts et qui me sont chères : l'entraide, la solidarité, la bienveillance…. Je réfléchis aussi à la manière d'impliquer les jeunes scouts-guides de mon unité pour qu'ils puissent, s’ils le désirent, me donner des petits dessins ou des vidéos que je pourrais transmettre à mon tour aux résidents. »

 

Et aussi…


Dans toute la France, des territoires, des groupes, des unités, des familles et des jeunes se sont mobilisés pour envoyer des marques d’affection et des messages à nos ainés via des lettres, dessins, courriers, vidéos, photos… Une autre manière de leur témoigner notre solidarité et maintenir le lien dans cette période difficile. Pour les découvrir, c’est par ici, sur Instagram.