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Mobilisés pour relever le défi de la production de protections en masse

Pour limiter la circulation du virus, le port de masques et de protections est devenu un enjeu de santé publique. Chez les Scouts et Guides de France, des groupes, des unités et des bénévoles ont retroussé leurs manches pour participer à cet effort collectif et solidaire. Témoignages.

 

Aude, responsable du pôle entrepôt du centre national, a organisé la confection de masques pour Jambville (78)

Masques JambvilleL’équipe de la Boutique du scoutisme cherchait à valoriser le tissu de l’ancien modèle de chemises scoutes en polycoton, qui n’était plus d’actualité depuis l’arrivée du nouveau modèle. Il y avait environ 200 chemises à recycler et, lors de la pénurie de masques, il nous a semblé évident de mettre à disposition ce tissu pour nos voisins qui en avaient besoin : les habitants de Jambville. Nous nous sommes d’abord informés sur son efficacité. Notre fabricant nous a confirmé qu’il était bien conforme aux exigences des masques de protection contre le COVID-19. Nous avons alors lancé le projet de faire 850 masques, soit au moins un masque par Jambvillois.

Pour trouver de la main-d’œuvre, j’ai contacté l’association de couture jambvilloise « Les 4 vents ». Ils se sont montrés très enthousiastes, leur association s’était déjà procuré les patrons des modèles des masques de l’AFNOR, et ils sont venus chercher nos chemises pour en récupérer tout le tissu disponible. La mairie faisait à l’époque une campagne de sensibilisation à l’usage des masques dans les boîtes aux lettres et elle en a profité pour faire un appel aux couturières bénévoles qui ont pu exploiter notre stock. C’est une belle histoire pour toutes ces chemises qui seront portées d’une autre manière mais qui seront toujours utiles !

 

Marianne et Pierre-Louis, Délégués territoriaux des Boucles de la Seine, ont mobilisé le territoire pour fabriquer des visières pour les Ehpad et hôpitaux

Article visières solidairesNotre voisine nous a proposé d’aider au montage de visières fabriquées par des bénévoles, créées avec des imprimantes 3D au sein du collectif « Visières Solidaires » dans les Yvelines. Nous avons commencé par assembler une quarantaine de visières en famille. Nous étions heureux de pouvoir faire quelque chose d’utile en cette période de confinement, de contribuer à aider les soignants et professionnels mobilisés à se protéger au mieux.

Dès les premiers jours, il y avait beaucoup de demandes, notamment dans les Ehpad et hôpitaux. Notre fille Elodie, cheftaine pionnier caravelle dans le groupe de Maisons-Laffitte, a alors embarqué les jeunes de son unité, et plusieurs familles du groupe scout et du voisinage nous ont proposé de participer. Tous se sont mis à assembler des visières à domicile, certains ont testé le travail à la chaine pour être plus efficaces : percer les trous dans la feuille de plastique, mettre les agrafes et assembler sur le serre-tête, mettre l’élastique… D’autres ont réalisé une vidéo tutoriel. Une fois assemblées, les jeunes nous ramenaient les visières, et notre voisine les distribuait dans les différents lieux : hôpitaux, Ehpads, policiers, pompiers…

Visières solidairesFace à l’augmentation toujours croissante des besoins, nous avons fait appel au territoire et nous avons profité d’un collège de responsables de groupes pour leur proposer de se joindre à l’initiative. Plusieurs groupes ont répondu présents : Montesson, Saint-Germain-en Laye-St Léger, Sartrouville et Maisons-Laffitte. Au total, nous avons pu assembler plus de 1200 visières ! C’était vraiment gratifiant d’avoir fait quelque chose d’utile et de voir combien à plusieurs on démultiplie l’effort de chacun pour un beau résultat commun. En tant que scouts, cette action répondait à notre envie d’être des citoyens actifs, débrouillards, volontaires et au service des autres.

 

Marthe, compagnon et cheftaine Louveteaux-Jeannettes à Fontenay-aux-Roses, s’est lancée dans la fabrication de masques avec son équipe pour aider la Croix-Rouge

Photo portrait MartheDepuis longtemps, je souhaite faire des maraudes mais je manque de temps. Avec le confinement j’ai eu beaucoup de temps libre, et je trouvais frustrant de devoir rester chez soi. Je voulais aider, c’est un objectif de vie – être utile ! Avec deux autres équipes de compagnons nous avons donc proposé notre aide à la Croix-Rouge. Cette action a été assez longue à se mettre en place car elle nécessitait différentes autorisations en raison des contraintes sanitaires. La Croix-Rouge nous a précisé notre mission – aider à distribuer des repas d’Auchan aux personnes démunies. Et la principale obligation était de porter des masques pour pouvoir les aider « sur le terrain ».

Avec l’une des deux équipes, nous nous sommes donc lancés dans la couture pour concevoir des masques pour nous, mais également pour tous les publics et les volontaires qui en auraient besoin. Nous n’avions pas de commande précise, nous voulions simplement en faire le plus possible afin de les distribuer à un maximum de personnes. Au début, nous avions seulement de simples notions de couture, puis certains ont appris à se servir d’une machine à coudre et nous avons progressivement gagné en efficacité. Nous avons confié tous nos masques supplémentaires au Centre Communal d’Action Social (CCAS) de Fontenay pour qu’il les redistribue ensuite. Je retiens de cette expérience donc qu’il ne faut pas avoir une idée arrêtée sur la forme de l’aide que l’on peut apporter. Dans un contexte difficile avec des contraintes qui peuvent compliquer un engagement solidaire, il faut parfois trouver des alternatives et toujours savoir s’adapter !

 

Et aussi…

Face à la crise sanitaire qui a frappé durement la région Grand-Est, les groupes de la 1ère et 5ème Mulhouse se sont très fortement mobilisés pour aider l’association des Couturières solidaires à produire des milliers de masques pour la ville et à les distribuer. Retrouvez une interview sur cette vaste opération solidaire dans les actualités de l’espace Chefs et cadres.