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Aurélie témoigne de son volontariat dans un hôpital au Burundi

Cet été, Aurélie, ancienne compagnon, est partie en volontariat infirmier au Burundi. Ce voyage a été un temps de réflexion sur le sens de la véritable richesse, autant qu’une immersion dans une culture nouvelle qui l’a amenée à confronter ses propres repères à ceux des Burundais. Elle nous livre son témoignage.

Une expérience hospitalière originale

Aurélie en compagnie de deux femmes burundaises« La maison Shalom a été fondée par Marguerite Barankitse en 1993. Elle a pour ambition de redonner de la dignité à tous les enfants en situation de détresse. Elle est composée de plusieurs sites mais j’ai surtout fréquenté l’Hôpital Rema, dans lequel j’étais infirmière en semaine et où j’ai essentiellement rencontré des femmes et leurs enfants.

L’intégration a été facile malgré la barrière linguistique avec les patientes. J’ai appris le B.A.-BA pour pouvoir accueillir, saluer, poser des questions importantes aux malades… Ce seul effort était souvent très largement récompensé : un chaleureux sourire ou même un fou-rire m’était rendu lorsque mon langage approximatif était entendu. J’ai rencontré un personnel particulièrement accueillant, puisqu’on m’a considérée comme une professionnelle à part entière dès mon arrivée. Travailler au sein de cet hôpital réputé dans le pays m’a permis d’acquérir de nombreuses compétences et connaissances médicales. Ce que j’ai trouvé agréable, c’est que les soignants sont à la recherche de progrès, en étant prêts à se remettre en cause. Il y a eu un échange, c’est constructif pour chacun.

J’ai aussi pu comprendre un peu plus les conditions de vie des femmes burundaises. Leurs problématiques sont tellement plus simples, plus vraies que les miennes… J’avais la sensation d’être dans un autre monde. Quelle différence culturelle, et quelle richesse de pouvoir se rendre compte de cette réalité ! »

Plus qu’un voyage, une leçon de vie

« Grâce à ce voyage, j’ai interrogé mes repères, ma culture, et j’ai pu les confronter à d’autres. Je crois avoir réalisé qu’une culture sans argent est une culture qui n’est pas plus pauvre, mais dont on a à apprendre. Un exemple : leur façon de vivre leur foi. J’ai réalisé qu’il est bel et bien possible de laisser une place à Dieu au cœur de la vie quotidienne, avec les autres. Là-bas, la Foi n’est pas uniquement quelque chose de vertical, entre Dieu et toi-même. Dieu est chaque jour montré par l’accueil, le chant, les sourires, les dialogues… J’avais la réelle sensation que mon voisin était mon propre frère. N’est-ce pas aussi cela, vivre en chrétien ?

Cette expérience m’a permis de comprendre qu’il faut croire en ses rêves. J’aimerais encourager les jeunes à aller à la rencontre de ceux qui les font rêver, de ceux qui les feront grandir. N'ayez pas peur de vous lancer, faites-vous encadrer pour réaliser vos rêves, qui auront alors plus de chances d'aboutir. S'entraîner à aller au-delà de nos peurs quand on est adolescent, vivre des choses qui nous rendent souriants, c'est se préparer à être heureux, et à rendre son entourage heureux, parce qu'un sourire, c'est contagieux… Et il me semble qu’on ne peut être pleinement heureux que quand on ne l'est pas tout seul. »

Aurélie Osmont