Accès directs |

Les Scouts et Guides habitent la nature, même l'hiver

une-camp-melan-nature-hiver-Sebastien-Fays-HDPartir camper, ce n’est pas qu’en été quand il fait beau ! Tous les ans, des jeunes de tout âge expérimentent le campisme en hiver. Cette année, 167 jeunes de 8 à 16 ans se sont retrouvés à Mélan (04) lors d’un camp dont les couleurs du décor et la température changent, mais pas la richesse du scoutisme vécu. 

Camper, c’est possible par tous les temps ! 
camp-melan-nature-hiver-tente-Sebastien-Fays-HD-2013Ce 16 février 2013, un bus peine à arriver à la base d’activités et de formation Scouts et Guides de France de Mélan (04), située à 1200 mètres d’altitude. L’équipe de la base accueillent les jeunes qui se ruent, encore le sac sur le dos, sur la neige abondante. Les premières boules de neige fusent, la joie d’être là fait oublier les vêtements déjà trempés.
Les enfants de 8 à 11 ans (Louveteaux-Jeannettes) et les adolescents de 11 à 14 ans (Scouts-Guides) sont au chaud, alors que les 14-17 ans (Pionniers Caravelles) ont construit leur demeure dehors. Très vite, les plus âgés apprennent à monter leur tente sur la neige. On tasse la neige, on met une bâche, on pose un tapis de paille sur lequel on monte la tente. Reste à ériger des murets de neige pour bloquer le vent… et la tente est prête !

 

En lien avec le projet pédagogique préparé par les chefs, tous vivent des activités de neige : construction d’igloos, promenades en raquettes, bonshommes de neige, balade à la découverte de l’écosystème local en raquettes, luge, reconnaissance des empreintes d’animaux, reconnaissance des étoiles, si nombreuses en ce coin reculé… Toutes les activités vécues en camp d’été prennent une nouvelle dimension en hiver. Les olympiades de la glisse, les grands jeux se déroulent sur un tapis blanc, propice à toutes les facéties. Sans compter le féérique feu de camp du soir, qui attend ses premiers chammalows, non congelés !


Et pour rester au chaud à 0°C ?
Avec le froid,le quotidien des jeunes et des chefs  est modifié. L’expert « grand froid » les accueille pour leur apprendre à vivre dans les températures négatives. Durant la journée, la température moyenne tourne autour de 0 degré. Très vite, les jeunes apprennent les techniques pour rester au chaud : cumuler 3 épaisseurs de vêtement, marcher sans transpirer pour ne pas être mouillé, mettre des gants, mais surtout mettre un bonnet ! Car 40 % de la chaleur du corps se perd au niveau de la tête.  Armés de 2 bonnets, un pour le jour, un pour la nuit, ils sont parés. 

Les gestes du quotidien se trouvent perturbés : le temps de préparation du repas est allongé et pour varier les plats de fruits et légumes l’hiver, il faut faire preuve d’imagination !
Ne pas attendre deux minutes pour boire, sinon c’est la banquise assurée ; oublier ses chaussures le soir en dehors de la tente, c’est les dégeler le lendemain au-dessus du feu du petit déjeuner et faire faire la vaisselle au produit vaisselle congelé, c’est moins pratique… Heureusement, les jeunes s’assurent toujours qu’il y a quelques espaces chauffés aux alentours pour refaire le plein d’énergie.

 

Une activité phare : le bivouac
Pendant le camp,les jeunes ont l’occasion de vivre une activité exceptionnelle : le bivouac. Une première matinée est consacrée à la préparation du matériel et des affaires personnelles. Après le déjeuner, ils se mettent en route, sac sur le dos, à travers la montagne. Durant toute l’expérience, ils sont accompagnés d’un expert, qui connait la montagne et les techniques pour rester au chaud. Selon leur degré d’autonomie, le matériel est déposé ou transporté sur des traineaux.

Arrivés sur un col à 1500 mètres d’altitude en fin d’après-midi , le camp s’installe. On monte les tipis où, bien serrés à 15, ils n’auront pas froid. On coupe du bois, on lance le feu pour un repas sous un ciel « mi-soleil couchant », « mi-étoilé ». Pendant la nuit, la température descend jusqu’à - 12, mais les jeunes sont au chaud. Le soleil vient les réchauffer au petit matin.
De retour de ce mini-camp itinérant, ils ont les yeux remplis des étoiles de la veille et de la beauté de la nature qu’ils ont foulés sous leurs raquettes.

De Lille à Bayonne, de Brest à Nice en passant par Strasbourg, après avoir expérimenté le campisme en hiver, les chefs et les jeunes peuvent camper n’importe où et par tous les temps. Ils ont appris à vivre en harmonie avec la nature et en toute sécurité, même quand elle sait se montrer peu clémente. Ils ont acquis toutes les compétences nécessaires pour vivre des activités de qualité au dehors, tout en restant au chaud. C’est une expérience inoubliable pour tous !

 

camp-melan-nature-hiver-promenade-Sebastien-Fays-HD

 

 

Yves-Antoine Bauche, 
Directeur adjoint du centre de ressources Nord Ouest