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Pourquoi faire des pèlerinages ?

Église, foi, théologie, liturgie… Cléophas répond à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander ! Aujourd’hui, c’est Lucie qui l’interpelle.

Lucie - Mais qu’est-ce qu’un pèlerinage? Est-ce une sorte de rando catho ?

Cléophas - Tu vois Lucie, pèlerinage vient du mot latin peregrinus qui signifie «étranger». C’est un voyage effectué par un croyant vers un lieu sacré. C’est vrai que beaucoup de pèlerins viennent vers les lieux de dévotion en marchant. Mais un pèlerinage c’est avant tout quitter ses habitudes, pour trouver un sens à sa vie, se donner du temps pour reprendre sa vie en main, pour regarder plus loin et plus haut, à la lumière -pour nous les chrétiens- de l’Évangile. C’est partir à la manière d’Abraham, c’est-à-dire répondre à l'appel de Dieu en prenant la route : «Pars, quitte ton pays et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai», rapporte le récit biblique de la Genèse. C’est partir sans savoir pourquoi, mais partir parce que Dieu nous le demande.

 Lucie - Mais qu’est-ce que cela change de faire un pèlerinage ?

Cléophas - Dans toutes les religions, un des éléments essentiels du pèlerinage est qu’on met son corps dans la démarche, et cela nous rappelle une chose fondamentale: la foi, ce n'est pas une attitude purement intellectuelle, c'est tout notre être qui est pris. Je dirais même que c’est toute notre carcasse qui est concernée. Quand on commence un pèlerinage, on découvre le lieu du pèlerinage avec ses yeux, ses oreilles. On fait des processions, on pose des gestes: on vient toucher, voir, ressentir, respirer l'air de ce lieu et se remplir de la gèrâce du lieu, de la grâce des rencontres avec les autres pèlerins, de la grâce de Dieu. Notre foi a besoin de prendre l’air, sinon elle moisit.

Lucie - Y a-t-il une condition particulière pour partir en pèlerinage ?

Cléophas - Oui, je crois, celle de s’appauvrir. Lorsqu’on part en pèlerinage, on réalise vite que l’on ne va pas pouvoir tout emporter avec soi, et il faut faire un choix. Ce qu’il ne faut surtout pas oublier, c’est soi, mais le reste de ses possessions, il va falloir les laisser derrière soi. C’est cela faire l’expérience de l’appauvrissement : c’est réaliser que l’on va devenir dépendant des autres, de l’Autre, c’est-à-dire de Dieu. Et c’est à ce moment-là que l’on réalise une chose fantastique qui est à l’image de notre existence : que dans un pèlerinage, on marche avec d’autres, avec des gens différents, mais que finalement on va tous dans la même direction.

 Extrait d'Azimut n°50 Août 2017

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