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Notre politique de protection de l’enfance

10749 formation éducateurs

Vigilance et réaction face à la pédocriminalité

Les Scouts et Guides de France sont engagés de longue date dans la protection de l’enfance qui est au cœur de notre politique éducative. Le bien-être et la sécurité des jeunes sont des piliers fondamentaux de notre politique éducative. Vous trouverez ci-dessous ce que nous mettons en place pour faire en sorte que les enfants et les jeunes puissent s’épanouir dans un système sain et sûr.

Sensibilisation, formation et soutien des éducateurs et éducatrices

Notre fichier d’adhérent est automatiquement relié aux fichiers de signalement mis en place par l’Etat. Aucune personne condamnée pour des faits d’agressions sur mineurs dans un autre cadre ne peut donc être en charge de l’animation ou de la direction d’accueil de mineurs au sein des Scouts et Guides de France.

Ligne durgenceL’ensemble du parcours de formation des animateurs et animatrices est habilité BAFA, à travers l’agrément accordé au Scoutisme Français par l’Etat. A ce titre, comme le demandent les textes régissant ce brevet, un accent est mis durant les différents stages de formation sur l’obligation et la manière d’assurer la sécurité physique, affective et morale des mineurs.

Au cours de sa mission d’animation auprès des enfants et des jeunes, chaque animateur et chaque animatrice est accompagnée et soutenue par au moins deux autres bénévoles. Ce cadre permet, entre autres, de repérer le plus rapidement possible d’éventuelles dérives et de les signaler. Par ailleurs, chaque directeur et directrice d’accueil collectif de mineur est formée pour avoir une vigilance particulière sur ces sujets et alerter, en cas de suspicion, les services de protection de l’enfance (119) et les services sociaux.

Pour aller plus loin, des réflexions et prospections sur le sujet ont été engagées par la commission « Bientraitance », composée de personnalités et professionnels de la protection de l'enfance, nous permettant d'avoir un regard extérieur et de sortir de l'entre-soi. Des procédures de prévention ont été mises en place grâce au « Réseau Santé » des Scouts et Guides de France. Celui-ci rassemble des bénévoles professionnels du soin, de l'éducation, de l'écoute, de la santé et qui assurent pour les bénévoles une veille éducative ainsi qu'un soutien psychologique et global. Plusieurs outils ont été produits ces dernières années à destination des éducateurs et éducatrices :

- Une ligne d'urgence est mise en place pendant l'été pour les bénévoles. Elle soutient les éducateurs et éducatrices confrontés aux confidences des enfants qui livrent des témoignages sur des situations de mal-être et parfois d'agressions vécues dans le cadre scolaire, familial, associatif… Elle leur conseille le plus souvent de contacter les services sociaux et les services de protection de l’enfance, et elle peut également les alerter directement.

Tout au long de l’année, les bénévoles sont soutenus par les centres de ressources et par les territoires. Les salariés des centres assurent également la permanence de la ligne d’urgence de l’été, garantissant la cohérence et la fiabilité de ce suivi quelle que soit la période de l’année.

- Les documents qui récapitulent les démarches à effectuer en cas de suspicion de maltraitance, et une affiche « Le dire, c’est l’interdire », intégrant notamment une charte de la bientraitance, transmis à toutes les unités avant chaque départ en camp.

Accompagner la libération de la parole

La méthode éducative des Scouts et Guides de France consiste à faire grandir les jeunes dans toutes les dimensions : les aider à s'affirmer, à prendre la parole, à comprendre que leur corps leur appartient et qu'ils sont les seuls à pouvoir en disposer. Cela les aide à dénoncer des faits dont ils seraient victimes et à mettre des mots sur ce qu'ils subissent. Cette prévention des agressions et de protection de l'enfance passe par la diffusion d’outils à destination des enfants et par la formation des bénévoles à recevoir leur parole.

Non mais genreParmi ces outils pédagogiques, « Non mais, genre ! » et « Co’action » ont été conçus à la fois pour les jeunes et pour les adultes. Ils sont destinés à aider les responsables à remplir leur mission d’éducation affective, relationnelle et sexuelle, à ouvrir le débat en groupe sur les relations femmes-hommes.

Une partie de leur contenu vise à favoriser la libération de la parole chez les jeunes victimes, et indique aux éducateurs la marche à suivre s’ils sont confrontés à des soupçons de mauvais traitements ou d’abus sexuels: se mettre en lien avec une personne ressource (un cadre du mouvement, un médecin) et envisager de rédiger un signalement, administratif (cellule départementale de recueil des informations préoccupantes) ou judiciaire.

Complémentaire, l’atelier « relire et analyser collectivement une situation complexe » donne une méthode aux éducateurs et éducatrices pour relire et analyser collectivement une situation identifiées comme problématique avec les jeunes, pour la clarifier et envisager les suites à donner.

Livret stop face aux violences sexuellesLes Scouts et Guides de France sont également partenaires le livret de prévention de Bayard Jeunesse « Stop aux violences sexuelles faites aux enfants », destiné aux 7-13 ans.

Ce livret est diffusé largement grâce à l’aide de nombreuses associations ou organisations défendant les droits des enfants : la Fondation Action Enfance, les Apprentis d’Auteuil, le Bureau International Catholique de l’Enfance, le Centre de Victimologie pour Mineurs, Enfance et Partage, l’Unicef, SOS Villages d’enfants, l’UCPA… Il a reçu le soutien du Défenseur des Droits.

Les textes et les images ont été spécifiquement conçus pour les enfants, avec la relecture attentive de professionnels qui recueillent quotidiennement la parole d’enfants victimes et les accompagnent dans leurs parcours souvent difficiles.

Son objectif n’est pas de faire peur aux enfants ni d’entamer leur confiance envers l’adulte en général, mais bien de leur donner un outil pour comprendre, réagir et si besoin briser le silence. Il propose des pistes aux parents, éducateurs et éducatrices pour en discuter avec eux.

Encourager cette libération de la parole passe enfin par une prise de position sans ambiguïté dans les médias pour briser la loi du silence qui a trop longtemps empêché la justice de faire son travail et les victimes de se reconstruire.

Cadre juridique

Malheureusement, dans le domaine de la protection de l’enfance, le risque zéro n’existe pas. Malgré toute notre vigilance, il peut arriver que des dérives se produisent.

Face à un signalement d’abus sexuels, nous informons immédiatement la justice, et nous mettons en place en parallèle une procédure de suspension à titre conservatoire pour la personne concernée (retrait de sa mission auprès des enfants). Nous exigeons des adultes de ne jamais mettre en doute la parole des enfants et de ne pas se mettre à la place des enquêteurs.

Nos pensées et soutiens vont en premier lieux aux victimes et à leurs familles. Dans le cadre d’une procédure judiciaire, les SGDF se portent partie civile, afin de mieux accompagner les familles concernées.

Pour aller plus loin : nos prises de position publiques récentes sur le sujet:
- "Nous sommes un acteur de la protection de l'enfance" : interview pour le magazine La Vie
- "Briser le mur du silence" chronique sur RCF à propos d'une dénonciation d'un cas au sein du mouvement
- Communiqué de presse lors de l'éclatement de l'affaire Preynat 
- Communiqué de presse : enquête pour faits d'agressions sexuelles sur mineures à Wissembourg